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"Bellissima" de Simonetta Greggio aux éditions Stock



En 1943, alors que l’Italie combat pendant la seconde guerre mondiale, une petite fille de 5 ans prend le train seule pour Padoue. Sa mère l’envoie dans une famille d’accueil qui pourra lui apporter confort, l’élever dans un foyer où elle ne manquera de rien et cacher son statut d’enfant juif. Cette petite fille, c’est Amanda, la mère de Simonetta Greggio, surnommée « Bellissima ».


Avec comme décor, la ville de Padoue, Simonetta Greggio se met à nu dans ce roman et nous conte à la fois son histoire familiale et celle de l’Italie. Elle part de la naissance de sa mère en 1938 pendant les années Mussolini, point de départ de sa chronologie historique. Sa mère est une enfant pendant la seconde guerre mondiale confiée à une famille bourgeoise sans enfant, une adolescente choyée dans l’après-guerre, une jeune épouse et mère de famille dans les années 60. L’auteure grandit avec ses trois frères dans l’atmosphère des attentats commis par les brigades rouges et les affaires de corruption qui éclateront vers la fin des années 80. L’année 1974 signe les premiers morts causés par les brigades rouges et la fin de l’insouciance pour Simonetta Greggio. Elle quitte son foyer et l’Italie pour la France alors toute jeune adulte à la suite d’un énième acte de violence subit.


Il y a un parallèle dans ce roman entre l’histoire de Simonetta Greggio et l’Histoire de l’Italie. Ce récit raconte l’envers du décor de l’histoire italienne. L’auteure ne cherche pas à enjoliver la réalité. Elle raconte les événements que son pays a connus, même les plus sombres et ceux dissimulés.


Ces événements tragiques résonnent dans sa vie personnelle, elle qui a connu la violence d’un père autoritaire sous les yeux de ses frères bien trop jeunes pour intervenir et ceux de sa mère restante silencieuse. Ces faits historiques l’ont autant construit que ses souvenirs familiaux.


L’écriture est changeante en fonction des passages, l’auteure est à la fois poète, biographe et historienne.


Un livre bouleversant et émouvant à travers lequel on découvre une part de l’Italie peu connue et où on sent la douleur de la petite fille qu’a été l’auteure et avec qui elle cohabite encore, la violence des coups reçus d’un père trop autoritaire et pantin de la société corrompue italienne.


Un roman qui permet à l’auteure de se libérer de ses démons et de se reconstruire grâce à l’écriture.


Une magnifique lecture!


Les passages du livre qui m’ont touché :


« Quant à maman, elle m’assure que j’ai toujours eu beaucoup d’imagination. Selon elle, je rêve ma vie plus que je ne la vis. »


« Si je n’ai pas cédé à la nuit, à l’effroi, à la peur. Si j’ai trouvé la quiétude dans une solitude aimée. Si j’ai cessé de lutter, et à la place j’ai respiré. Si je suis allée à la rencontre du monde au lieu de m’enfermer. C’est parce que l’écriture m’a protégée. »


Et vous, quel passage vous a parlé ?

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