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"Désenchantées" de Marie Vareille aux éditions Charleston



Quand Sarah Leroy, adolescente de 15 ans de Bouville-sur-Mer, disparaît, cet événement fait beaucoup de bruit. Sa disparition est à la une de la presse pendant plusieurs mois et de nombreuses thèses sont élaborées. Son corps ne sera jamais retrouvé.


Vingt ans plus tard, Fanny est contrainte de revenir sur les lieux de son enfance. Elle qui a fuit la petite ville qui l’a vu grandir et savoure son anonymat et sa nouvelle vie à Paris, doit poser ses valises à Bouville-sur-mer pour l’enterrement de sa mère et surtout pour écrire un article sur la disparition de Sarah Leroy.


Sarah, Fanny l’a connue. Elle était la meilleure amie de sa petite sœur, Angélique. Depuis leur enfance, elles étaient inséparables, toujours ensemble, pouvant compter l’une sur l’autre. Mais un terrible événement va marquer leur séparation à l’adolescence. Elles passeront la fin de leur collège et leur lycée à s’ignorer totalement.


En retournant sur les lieux de la disparition avec comme stagiaire, sa belle-fille Lilou, Fanny replonge dans le passé pour reprendre l’enquête et comprendre cette disparition. Elle va en même temps ranimer des souvenirs douloureux et enfouis.


Le passé et le présent s’entremêlent dans ce roman. De l’amitié entre Angélique et Sarah à leur ignorance dans les couloirs du lycée, des recherches d’aujourd’hui menées par Lilou et Fanny et des retrouvailles avec ses personnages et lieux d’une enfance qu’on a tenté d’oublier.


Avec cette histoire époustouflante mêlant enquête, amitié, sororité et émotions, on est pris dans le tourbillon des secrets et l’intimité d’un groupe d’adolescents.


Un roman haletant qui nous entraîne dans le tourbillon des souvenirs et des mystères et qu’il est impossible de lâcher jusqu’à la dernière page. Une lecture addictive ! Un récit brillant et très bien construit qui nous tient en haleine.


« Désenchantées » met en avant l’amitié, ses plus beaux moments, ses instants partagés, ses fous rires et cette belle complicité jusqu’à la terrible séparation. « Désenchantées » raconte une bande de copines attachantes et fidèles.


Une lecture captivante et pleine d’émotions mêlant nostalgie, souvenirs d’adolescence, secrets, sororité et sensibilité.


Un roman coup de cœur !


Les passages du livre qui m’ont touché :


« Dans ma vie, je n’ai pas eu beaucoup d’alliés, mais ce jour-là, j’ai compris que la mer en avait toujours été une. Je n’aurais jamais dû avoir peur de celle qui, depuis que j’étais petite, m’avait accueillie en son sein, avait bercé les étés de mon enfance et m’avait porté dans ses bras protecteurs jusqu’aux rivages de la liberté. »


« Retiens bien ça, tous les nageurs le savent : parfois il faut savoir se laisser couler. Parce que ce n’est qu’une fois arrivé au fond que tu pourras donner le coup de talon qui te permettra de remonter à la surface. »


« La sonnerie retentit, des ados commençaient à sortir. Moins de clopes et plus de téléphones portables qu’à son époque, mais sans doute les mêmes discussions et la même solitude, parfois. »


« -Tu n’avais pas complètement tort, je n’aime plus ni Aqua ni Britney Spears, mais j’ai toujours une certaine tendresse pour les Spice Girls.

-L’année dernière, j’ai regardé The Bodyguard et j’ai chialé sur I Will Always Love You.

-Il faut croire qu’on a vieilli. »


« Je l’aurais reconnue n’importe où. Ça ne s’explique pas, c’est comme ça.

Parce qu’un jour, quand tous les emmerdeurs seront morts, on se retrouvera dans la même maison de retraite et les autres se demanderont qui sont ces deux petites vieilles qui se tordent de rire du matin au soir et trichent à tous les tournois de bridge.

Parce qu’entre elle et moi, ce sera toujours comme si on s’était quitté la veille. Il suffira de reprendre la conversation là où on l’avait laissée.

Parce qu’on se connaît comme seuls ceux qui se sont connus enfants se connaissent, et vingt ans et neuf mille kilomètres, face à ce qui nous lie, c’est une goutte d’eau dans l’océan qu’est notre amitié.

Parce que Montaigne et La Boétie.

Parce que c’était elle, parce que c’était moi… »


Et vous, quel passage vous a parlé ?

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