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"Ecritures carnassières" d'Ervé, collection A Vif, éditions Maurice Nadeau



Des mots pour parler des maux de la vie. Poser sa rage sur le papier et de la poésie dans nos vies le temps de la lecture de ces magnifiques pages.


Ervé, comme il le dit dans son premier roman, « taquine » la rue. Il marche beaucoup, change de lieu au gré de ses rencontres et a ses points de chute.


Des chapitres courts et des mots puissants pour nous raconter les fardeaux qu’il porte depuis l’enfance, la violence qui a fragilisé la confiance qu’il avait dans la vie, son quotidien dans la rue mais aussi et ce sont les pages les plus lumineuses et touchantes de ses écrits, l’amour qu’il porte à ses deux « poumons ».


De l’humour aussi entre ces pages car la dureté de la vie et la rue n’a pas retiré à son auteur, son sens de la dérision. Il nous raconte avec un humour mordant ses compagnons de la rue, l’absurdité de certaines situations.


Un décor qui change des romans feelgood de nos étagères. Une écriture rythmée et puissante qui n’arrive pas à la cheville des plus célèbres auteurs de notre époque. Des yeux dont on préfère se détourner ou alors les river à nos téléphones pour ne pas affronter la réalité des rues qu’on traverse chaque jour. Une poésie moderne.


Un livre qui emporte, fracasse, dresse les poils et fait venir les larmes. Un livre qui se lit en plusieurs fois pour reprendre son souffle entre deux uppercuts de mots si forts et vibrants. Un livre dont on savoure toute la poésie et le talent de son auteur.


Un livre qui prend au corps et qui touche surtout le cœur.


Les passages du livre qui m’ont touché :


« Ouvrir un à un les tiroirs des souvenirs pour laisser la plume s’épancher. Regarder en arrière, observer et essayer de comprendre le présent, ne pas vouloir enfanter de futur. Laisser venir comme le jour vient. Ne rien provoquer, ou si peu. Être, vivre sottement avec ce sentiment de liberté, mirage d’une existence à se chercher. Je laisse les mots courir pour moi. »


« Je me suis rêvé poète, écrivain, dessinateur, peintre, sculpteur, musicien, acteur ou comédien. Photographe aussi. Toutes ces occupations (je n’aime pas le trop le mot « métier ») que l’on rémunère ou paie selon et que l’on considère comme de sottes activités qui ne produisent rien. Je suis donc devenu nomade de la vie. Je n’ai pas de « métier ». Et alors ? Faut-il toujours être conditionné ? »


« Ecrire pour ne pas se relire trop. Quitte à y laisser des bleus. »


Et vous, quel passage vous a parlé ?

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