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"Filles du vent", de Mathilde Faure aux éditions Charleston



Derrière les façades d’une belle maison, se cache « l’Escale », un foyer pour jeunes filles où cohabitent, sans trop se parler, Lina, Assa et Céline. Trois jeunes filles différentes mais qui partagent une souffrance commune. Trois adolescentes qui ont souffert depuis leur plus jeune âge. Trois enfants qui ont perdu l’insouciance de l’enfance beaucoup trop tôt. Céline, pour essayer de s’en sortir, fréquente un milieu où elle n’aurait jamais dû avoir à mettre les pieds. Lina a tellement de colère enfouie en elle, qu’elle ne sait plus comment la canaliser. Un rien la fait sortir de ses gonds. Assa a choisi de se taire et de trouver refuge dans les livres. Les mots sont devenus ses meilleurs amis.


Chacune par colère, peur, honte, cache un secret : la raison de son placement en foyer. Il suffit d’un appel à manifestation entendu à la radio pour Lina, d’un exposé à faire sur le mouvement des MLF pour Assa et d’un coup reçu pour Céline, pour qu’elles décident ensemble de fuguer et de partir crier leur colère et leur existence dans un tour de France. Leurs trois voix vont se réunir pour clamer à haute voix leur quotidien : celui des jeunes filles placées.


"Filles du vent" parle de sororité, de féminisme et de courage. Les mots choisis par l’auteure sont percutants. Son écriture nous emporte et les émotions nous transpercent. Une plume d’une très grande sensibilité.


Ce roman a reçu le prix de l’héroïne engagée et c’est mérité. Le livre décrit une très belle histoire d’amitié autour d’héroïnes fortes et magnifiques. Cette histoire a trois voix : celle de Céline, Assa et Lina et redonne une voix aux enfants placés.


J’ai eu un coup de cœur pour ce magnifique récit qui m’a ému. J’ai découvert une réalité dont j’ignorais tout, la réalité des enfants placés en foyer et leur quotidien. Merci à l’auteure pour cette piqure de rappel sur le quotidien des enfants placés et pour décrire cette réalité avec beaucoup de douceur et de tendresse sans jamais porter de jugement.


Un roman bouleversant et magnifique. Un roman engagé. Un roman qui ne laisse pas indifférent. On en sort grandi avec une envie à notre tour de faire bouger les choses. Un livre à placer entre toutes les mains.


Il a rejoint ma liste des coups de cœur de cette année.


Les passages du livre qui m’ont touché :


« Le mot « place » provoque toujours la même chose : un coup de poing, sous la poitrine, dont la douleur résonne jusqu’en haut de ma gorge. Quelle ironie, un enfant placé jamais à sa place. »


« J’ai pourtant l’intime conviction que nous sommes des Nous toutes. A croire que les plus abîmées restent les plus invisibles. »


« Notre premier collage est là, face à nous, sur la façade de ce bel immeuble. Pour vivre ici, j’imagine qu’il faut avoir une belle situation, aller au travail tôt le matin, emmener ses enfants à l’école. Loin, très loin, du quotidien des enfants placés. Je suis certaine qu’ils parlent encore des « enfants de la DDASS » alors que c’est devenu l’ASE il y a presque dix ans. Comme quatre-vingt-dix pour cent de la population. Evidemment, puisque nous sommes invisibles. »


« Chacune a cherché à attirer l’attention des absents de sa vie. Et nos trois histoires personnelles sont devenues une histoire commune. Sororité. »


Et vous, quel passage vous a parlé ?

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