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"Humus", de Gaspard Koenig, aux éditions de l’Observatoire





Rien ne prédestinait Kevin et Arthur à devenir inséparable. Le premier est entré dans l’école Agro Paris Tech grâce à ses facilités et au système boursier, le second a choisi les sciences par opposition à son père. Kevin est un modèle de réussite sociale et de transfuge sociale. Arthur est issu de la classe aisée et est en opposition avec sa famille et l’argent familial. Ils sont tous les deux brillants et c’est sur les bancs d’un cours sur les vers de terre que leur rencontre va avoir lieu. Très vite, ils se lient d’amitié. Très vite, ils ne se quittent plus.


Jeunes étudiants, ils veulent changer le monde, sauver la planète et renverser le système. Ils sont tous les deux, chacun à leur façon, idéalistes. Leur diplôme en poche, ils prennent chacun une route différente pour défendre leurs valeurs. Pour Arthur, Saint-Firmin en Normandie. Il a décidé de reprendre la ferme familiale et de repeupler la terre polluée par l’agriculture intensive, avec des vers de terre. Pour Kevin, ce sera l’entreprenariat. Il a conçu un lombricomposteur : les vers de terre vont manger les déchets des hommes qui repartiront ainsi vers la terre sous forme de terreau.


De succès en échecs, d’échecs en succès, les deux amis vont se perdre dans leurs idéaux et leurs valeurs. Ils vont défendre avec la maladresse des idéalistes, leurs combats pour sauver la planète et se perdre dans leurs avancées de jeunes adultes. Grâce à leur amitié et leur passion commune pour les vers de terre, ils reprendront un peu confiance et se soutiendront dans leurs batailles qui les animaient, étudiants.


Un roman d’apprentissage qui interroge sur le « en-même temps » politique, l’écologie, les dérives du système financier actuel et du monde du business et qui fait réfléchir sur les combats et les actions à mettre en place pour protéger la terre et la Terre.


Les sujets sociétaux sont abordés avec ironie et sarcasme. 


L’auteur décrit avec beaucoup de véracité le milieu des grandes écoles parisiennes, les réseaux qui se forment pour les futurs entrepreneurs, l’importance d’avoir les codes, les connaissances et les appuis politiques.


L’écriture est réaliste, sociétale et teintée d’ironie.


Un roman passionnant, écrit comme une satire et qui, à travers deux héros idéalistes, invite à la réflexion.


Les passages du livre qui m’ont touché :


« On prétendait y rassembler les meilleurs cerveaux de France, étudiant comme chercheurs. Mais que devient un cerveau prisonnier d’un espace implacablement géométrique, aveuglé par les néons blafards des couloirs, immergé dans une forêt de grues ? Une supermachine atrophiée, prête à se reproduire avec d’autres supermachines pour concevoir un monde de supermachines. »


« Les auteurs classiques faisaient simplement partie de son environnement familier ; il les citait comme on rapporte les propos d’un copain bourré, sans trop savoir s’il faut les prendre au sérieux. »


« Ce vers idiot d’Eluard : « La Terre est bleue comme une orange. » Finalement, notre siècle lui donne raison. L’homme a pelé la Terre comme on pèle une orange. Il en a ôté le zeste. Ne reste plus qu’un caillou aux reflets d’argent. »


Et vous, quel passage vous a parlé ?

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