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"J'ai hâte d'être à demain", de Sandrine Sénès




A travers une succession de courts textes et beaucoup d’humour, Sandrine Sénès dessine dans, J’ai hâte d’être à demain, le portrait d’une célibataire d’aujourd’hui. Qu’on ait 25 ans ou 45 ans, qu’on soit célibataire depuis des années ou en couple depuis quelques semaines, on se reconnaîtra dans ses pages écrites avec beaucoup d’autodérision et d’esprit.


On se retrouve dans plusieurs de ses chapitres. On s’est toute fait des films et imaginé le plus beau des happy end avec le garagiste bien trop timide pour nous inviter à prendre un verre ou avec le plombier qui venait réparer notre fuite. On a toute jalousé notre copine d’enfance qui sitôt largué, trouvait l’amour le lendemain ou tous ses couples qui s’affichent sans pudeur, tout dégoulinant d’amour. On a toute un Babar pour les jours sans.


Ce livre qui traite de la difficile quête de l’amour et où on est prêt parfois à se transformer par amour, m’a fait penser au livre de Dolly ALDERTON, Tout ce que je sais sur l’amour, et notamment au passage suivant : « Je n’ai pas besoin qu’un musicien charismatique écrive un vers sur moi dans une de ses chansons. Je n’ai pas besoin qu’un gourou m’éclaire sur des facettes de ma personnalité qui m’aurait échappé. Je n’ai pas besoin de me faire ratiboiser les cheveux parce qu’un garçon me dit que ça m’ira bien. Je n’ai pas besoin de modifier ma silhouette pour me rendre digne d’être aimée. Je n’ai pas besoin des commentaires ou du regard d’un homme pour exister, pour croire à ma réalité. Je n’ai pas besoin de fuir mon mal-être en me précipitant dans un champ de vision masculin. Ce n’est pas dans les yeux d’un homme que je prends vie. Car ce que je suis, suffit. Mon cœur me suffit. Les histoires et les phrases qui se bousculent dans ma tête suffisent. Je pétille, j’écume, je bourdonne et j’explose. Je déborde et m’enflamme. Mes promenades du petit jour et me bains de minuit suffisent. Mon rire sonore qui résonne dans un pub suffit. Le son des chansons que je siffle, que je fredonne sous la douche, suffit. L’hyperlaxité de mes oreilles suffit. (…) Ce que je suis, suffit. »

Sandrine Sénès raconte des instantanées de vie avec finesse et dérision.


Ce livre est une explosion d’humour. Ouvrir ce livre, c’est comme passé une bonne soirée entre copines, à se raconter nos derniers déboires amoureux autour d’un verre, tout en riant. A lire sans modération.

Les passages du livre qui m’ont touché :

« Mais je n’ai absolument pas envie de rencontrer un mec complètement débraillé m’offrant une fleur achetée à un pauvre Roumain.

Jamais de la vie.

Merci Chouchou, on a eu chaud. »


« Il aurait peut-être fallu venir le chercher en calèche, organiser un dîner avec ses parents et lui faire écouter dans un casque une chanson de Richard Cocciante. »


« Ils ont fait plusieurs photos, têtes penchées, têtes collées, bouches tendues, langues tirées et quand ils ont estimé que c’était suffisant elle a remballé le matos et ils sont redevenus sérieux.

Ce soir, ou dans cinq minutes, elle mettra ses jolies photos sur les réseaux sociaux pour montrer comme elle est heureuse avec lui. »


« Je ne sais pas dessiner, il ne ressemble à rien.

Ce ne sera pas facile de le reconnaître. »


« Je n’ai pas pu m’empêcher d’imaginer le mot doux qu’il m’aurait laissé un matin si nous avions vécu ensemble : « J’aispère que tu as bien dormis. Je tamporte dans mes pensés. Tinkiet pas pour ce soir, je prend à mangé. »

Je venais de perdre l’homme de ma vie. »


Et vous, quel passage vous a parlé ?
















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