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"La Dame d'Alexandrie" de Yasmine Khlat aux éditions Elyzad



Sur les hauteurs du Liban, un couvent va abriter l’amitié entre deux femmes.


Claire est une jeune femme qui porte la colère et l’abandon en elle. Elle a été marquée par l’abandon de sa mère alors qu’elle était une enfant. A 28 ans, elle n’arrive pas à se construire, elle se cherche, rejette ses parents adoptifs. La séparation avec son petit ami la pousse à accepter le poste d’assistante d’une sociologue septuagénaire.


C’est dans un couvent, à trente kilomètres de Beyrouth, que Claire rejoint Hortense Zemina pour l’aider sur la thèse dans laquelle elle s’est lancée : le mystère d’une famille confrontée au suicide.


Ce sujet les touche toutes les deux bien plus qu’elles ne veulent le montrer. Pour Claire, il lui rappelle son « abandon ». Pour Hortense, il est lié à son passé qu’elle ne veut pas dévoiler.


Derrière les murs d’un lieu calme, autour de tasses de thé et de balades, Claire et Hortense vont se lier d’amitié. Elles vont tout doucement se dévoiler pour confier des secrets qui les lient intimement.


La vie d’une grande dame qui se confie au fil des pages. Une jeune femme abandonnée qui se retrouve et se reconstruit au fil du récit. Une rencontre touchante entre deux femmes.


La musicalité des mots nous enveloppe et nous emporte pour quelques heures d’une lecture bouleversante. On est pris jusqu’à la dernière page et l’aveu du secret final.


Un conte moderne et lumineux raconté avec douceur et poésie.


Les passages du livre qui m’ont touché :


« C’était quand cette maison qui était mienne. Ou je ne sais pas, enfin, là où il y avait du monde et ce bruit courant des choses quotidiennes. La vaisselle qui attend, le téléphone qui sonne, les taxis hélés, la grêle que les essuie-glaces rejettent. C’était quand ce mouchoir de fin coton qui traîne, cette odeur de gratin, l’amour, toi, les autres, un regard, un au-revoir, je ne sais pas. »


« La marche, pensai-je, vous rend à vous-même. Vous rappelle que la vie est un cheminement où il est vital d’avancer. »


« Ne croyez-vous pas que l’on dessine soi-même sa vie ? Mais pour cela, il faut avoir le courage de s’avancer, de nommer son désir et de l’imprimer sur la page blanche. »


« Il avait le visage que j’aimais. Pour certains visages, on peut éprouver de la tendresse si l’on vit assez longtemps et que le cœur est sensible. Mais il n’y a qu’un visage que l’on aime. C’est toujours le même, on le reconnait entre mille. »


Et vous, quel passage vous a parlé ?

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