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"La fille de Lake Placid", de Marie Charrel, Editions Les Pérégrines




Au fil des chapitres et des temporalités, Lana Del Rey est Elizabeth, Lizzie, Lana Del Ray. Avant d’être l’artiste mondialement connue et reconnue, elle fut l’adolescente rêveuse à Lake Placid et la chanteuse en quête de succès à New-York.


Mêlant fiction et éléments biographiques, l’auteure conte de façon onirique et poétique, la vie de l’artiste tout en intercalant sa rencontre avec la chanteuse de folk, Joan Baez.


En 2019, au cœur de la forêt californienne, Lana Del Rey rencontre son idole, Joan Baez. Elle a une demande à lui faire : chanter en duo avec elle, la célèbre chanson « Diamonds and Rust », lors d’un prochain concert prévu en Californie.


Tout en racontant la rencontre entre les deux femmes de générations différentes, la naissance de la chanteuse prend forme au fil des pages. De la chorale de son lycée aux petites scènes new-yorkaises. Des carnets noircis pour exprimer la mélancolie qui la tire vers la noirceur et ses démons aux poèmes qui prennent vie en chanson. Des premiers échecs commerciaux au succès mondial de « Video Games ». De Lana Del Ray à Lana del Rey, renoncer au « a » pour le « e », écouter les conseils d’une voyante. Toucher les étoiles et connaître la dure réalité des critiques et des jaloux.


Quatre décennies les séparent et pourtant ces deux artistes ont de nombreux points communs en plus de leur voix talentueuse et de leur plume remarquable. Elles sont toutes les deux de grandes poétesses. Elles sont toutes les deux engagées et nostalgiques d’une société américaine juste et bienveillante. Elles ont toutes les deux une sensibilité exacerbée. Elles ont toutes les deux le don de voir l’invisible.


Lana cherche encore sa place dans une société basée sur le paraître et la critique. Joan l’a trouvé au milieu des arbres et dans le cocon qu’elle a créé. Chacune, elles ont tiré de leurs failles et leurs différences, leur force et l’essence pour leurs chansons. Elles se fient à leur intuition, aux signes de la nature et aux symboles des mots.


Un roman qui raconte la femme sous les paillettes et le trait d’eye-liner. Un roman qui raconte surtout la magnifique rencontre entre deux grandes artistes et compositrices.


De la sensibilité, de la douceur et de la poésie, pour des pages qui emportent vers un univers onirique et musical.  


Les passages du livre qui m’ont touché :


« Peindre est une affaire de couleur et, cette fois, l’équilibre est parfait. Or de l’aube. Pourpre de la nuit retirant sa traîne. Emeraude de la végétation. »


« Il s’agit de voir ce qui est et ce qui n’est pas. De se mesurer à l’invisible : elle apprend encore, même à soixante-dix-huit ans passés. Ses autres vies lui ont enseigné que créer exige de se mettre en danger. »


« Elle s’est toujours attachée à cela en premier lieu : les paroles. C’est parce que leur sens est fort qu’un morceau est bon. Sans cela, il n’est que distraction. »


« Mais en s’y immergeant sans réserve, elle a compris que sa mélancolie trace aussi un chemin de lumière. Une quête relevant de l’invisible et du sublime. Celle que seul le pouvoir immense de la poésie permet. »


« Vivre, palpiter, s’ensauvager, afin de pouvoir coucher tout cela sur le papier. Se remplir du monde pour en faire poésie. »


« Qui est le rêveur ? Celui qui se remplit du monde pour en faire poésie. »


Et vous, quel passage vous a parlé ?

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