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"La petite dernière", de Fatima Daas



« La petite dernière » est le premier roman de Fatima Daas. Avec une écriture poétique, l’auteure présente la vie d’une jeune femme de 29 ans, Fatima. Le roman est une autofiction et on sent que l’auteure a mis beaucoup d’elle dans son écriture, qu’elle a été puisée au fond d’elle-même pour aborder des thèmes qui la touchent, des moments de sa vie qui l’ont marqué.


Son roman se compose d’une succession de courts chapitres commençant tous par « Je m’appelle Fatima », qui sont autant de fragments pour raconter toutes les facettes de la narratrice.


Le personnage de Fatima se décrit comme une jeune femme ne trouvant pas sa place dans la société actuelle. Fatima ne se sent nulle part en phase avec elle-même, que ce soit dans sa famille, dans sa vie sentimentale, en classe ou dans ses études supérieures quand elle arrive en classe préparatoire, à Paris après trois heures de transport. C’est le portrait d’une jeune femme d’aujourd’hui qui se cherche, qui culpabilise de ne pas être dans la « norme », et qui s’interroge justement sur cette normalité entre les injonctions de la société, de sa famille et de la religion. Elle cherche un équilibre entre toutes les identités qui la définissent.


La puissance des mots choisis par Fatima Daas traduit la quête identitaire de son héroïne, son sentiment d’être à côté de sa vie et son sentiment d’être à la fois trop ceci, mais pas assez comme ça.

Les chapitres de ce roman sont courts mais intenses. Quelques mots suffisent pour former des phrases simples et puissantes. Chaque chapitre se répond et reprend un thème, l’enrichit, le creuse, énonce une thèse, puis une antithèse. On retrouve dans ces chapitres ses pensées données pêle-mêle, sur son enfance, sa scolarité, ses sœurs, ses parents, sa religion, sa vie en banlieue, ses amours, sa thérapie et sur son amour de l’écriture.


On ressent la rage de cette jeune auteure. On sent la douleur de ses conflits intérieurs. Ses textes sont très beaux et font penser à du slam. Cette façon de scander de phrases courtes et puissantes, crée un rythme. Les mots résonnent à nos oreilles.


Par la diversité des sujets abordés, ce livre touche tout le monde et toute génération confondue. Ce roman est original par sa forme et aussi par son mélange des langues : le français et l’arabe, et par l’entremêlement de de citations d’auteures réputées comme Annie Ernaux ou Margueritte Duras.


C’est un roman très personnel, bouleversant et touchant.


Les passages du livre qui m’ont touché :


« Elle oscille entre légèreté et sérieux.

Elle rit de tout, des autres et surtout d’elle-même.

Elle dit que le rire protège. »


« Puis j’ai réalisé que prouver, démontrer, me rendre légitime, montrer ce que je valais n’était pas le lot des autres élèves qui étaient à l’intérieur, au chaud. Personne n’avait à argumenter pendant dix minutes en t-shirt, dans le froid, pour prouver qu’il avait bien mérité un dix-sept sur vingt. »


« Un mois plus tard, j’ai arrêté la prépa.

Je ne suis pas allée en médecine.

Je n’ai pas intégré Sciences Po.

J’ai écrit. »


« La Reine est dans son royaume.

Il y a une jolie odeur de musc.

Un mélange de vanille et de fruits. »


Et vous, quel passage vous a parlé ?

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