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« Le soleil des Scorta » de Laurent Gaudé aux éditions Actes Sud




Dès les premières pages, le soleil des Pouilles brille et nous emporte dans cette très belle fresque familiale.


De la chaleur du village de Montepuccio, aux confidences qui se transmettent de génération en génération.


Une famille avec ses instants de bonheur, ses joies et ses peines. Les moments de partage et les drames qui font couler les larmes et resserrent les liens.


Une famille au départ maudite, née de la violence des hommes et condamnée à vivre dans la pauvreté, mais qui par la sueur de son front et sa fraternité va affronter les bousculements de la vie et savourer les instants de bonheur familiaux qui s’offrent à elle.


De la fin du 19ème siècle à nos jours, les Scorta se racontent. Il y a cet aïeul violent, qui mourra à la sortie du village sitôt sorti de prison et sans connaître son fils. Fils, qui une fois adulte, deviendra un homme craint par les habitants et dont sa richesse matérielle sera le fruit de nombreux vols. En disparaissant, il laisse, dans la pauvreté, trois enfants, Domenico, Giuseppe et Carmela. Les trois gardiens des valeurs familiales. Les trois gardiens des biens immatériels de la famille. Une fratrie inséparable.


Et les années passent, les enfants naissent, la famille s’agrandit et les secrets se confient d’oncles à neveux, de grand-mère à petite-fille.


La sagesse des hommes, les souvenirs et les mots tus se passent d’une génération à une autre. Rien de matériel, que des paroles sages pour que les descendants créent leur propre richesse. Richesse des sentiments. Richesse née du labeur.


Des lieux, une fratrie et des moments de bonheur pour voyager pendant quelques heures de lecture.


Des mots puissants et sublimes pour un magnifique roman.


Les passages du livre qui m’ont touché :


« Les jours étaient longs, mais cela importait peu, car les rêves que nous faisions avaient besoin d’heures entières pour se développer dans nos esprits. Les jours étaient longs mais nous les avons laissés couler avec bonheur puisque le monde commençait. »


« Ce voyage nocturne l’avait saisi de bonheur. Le bruit des vagues, l’obscurité, le silence, il y avait là quelque chose de mystérieux et de sacré qui l’avait bouleversé. Ces voyages, au fil de l’eau. Toujours de nuit. La clandestinité comme métier. Cela lui sembla fabuleux de liberté et d’audace. »


« Le vent emporte mes mots. Je ne sais pas où il les déposera. Il en parsème les collines. »


« Les olives sont éternelles. Une olive ne dure pas. Elle mûrit et se gâte. Mais les olives se succèdent les unes aux autres, de façon infinie et répétitive. Elles sont toutes différentes, mais leur longue chaîne n’a pas de fin. Elles ont la même forme, la même couleur, elles ont été muries par le même soleil et ont le même goût. Alors oui, les olives sont éternelles. Comme les hommes. Même succession infinie de vie et de mort. »


Et vous, quel passage vous a parlé ?

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