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"Les bruits du souvenir" de Sophie Astrabie aux éditions Flammarion



En rangeant les affaires de sa mère qui vient de partir, Claire découvre un carnet et un appareil photo. En développant les photos, elle replonge dans son enfance. Le décor de chaque photo la renvoie aux étés passés dans un village de l’Aveyron.


Alors parce qu’il n’y a plus rien qui la retient dans sa vie présente, Claire fuit vers ce village sous une autre identité. Elle espère y trouver les réponses à ses questions sur son passé flou et sa mère qu’elle n’a pas réussi à comprendre.


Au cœur de ce village et plongée dans ce carnet qui relate la vie de deux jeunes femmes dans le début des années 90, Claire commence une nouvelle vie et redécouvre les souvenirs de son enfance. Au gré de nouvelles rencontres et des révélations qu’elle découvre, Claire va se trouver et oser pour la première fois donner un sens à sa vie.


Une jolie histoire sur le poids du passé et des secrets sur nos vies présentes. La fuite d’une jeune femme pour renouer avec elle-même.


Une histoire qui parle de femmes, de mères et de filles. Un roman qui parle de la quête infinie de ses racines et d’être soi. Un récit de vie pour s’accorder une deuxième chance et trouver sa place.


Il y a plusieurs histoires, plusieurs vies, plusieurs parcours cabossés, plusieurs vies fragilisées et il y a aussi des rencontres de celles qui permettent un second souffle, de renaître et de se réinventer.


Des mots qui résonnent à nos oreilles. Une lecture douce qui nous emporte au milieu de ce village. Une histoire qui continue de faire glisser un sourire sur nos lèvres même après le mot « fin ». Alors oui, il y a quelques maladresses dans ce roman, quelques secrets non dévoilés mais l’écriture et l’histoire m’ont séduites.


C’est un roman réconfortant et lumineux.


Les passages du livre qui m’ont touché :


« C’est un marque-page en tissu, dit-elle en se balançant d’un pied à l’autre. Les anniversaires, c’est un peu comme les marque-pages d’une vie, non ? (…) Et soudain Claire est seule avec la sienne, cette vie aux pages cornées. »


« Elle se souvient de tout. De la nuit qui s’étire, et des gens heureux, et de sa solitude à ce moment-là. Sans doute pressentait-elle que la vie serait toujours cet étrange mélange de sentiments contradictoires. Que la vie était un 31 décembre permanent, une chose qui s’arrête et une autre qui commence. »


« Ça aurait pu être tout autre chose. Parfois on cherche des excuses, et parfois des raisons. »


« Elle regarde ce rectangle de terre retournée en ayant la sensation de multiplier les pages blanches. Autour d’elle, tout recommence à zéro. Mais la terre, c’est plus que ça encore. La terre, c’est une mère, c’est là que les choses repoussent, même quand tout a été dévasté. La terre c’est la puissance oubliée des femmes. Même celles qui ont été fanées. »


« Il y a dans les petits villages cette impossibilité de passer inaperçu tout en vivant dans l’ombre de tout un pays. Personne ne pense à elle, pourtant tout le monde pense à elle. »


« La tendance, depuis qu’un billet d’avion coûte moins cher que trois paquets de pâtes, c’est de s’envoler vers des contrées lointaines à la découverte d’un monde qui nous dépayse. Et si l’on inversait les choses ? Si l’on commençait par connaître notre région avant de partir découvrir l’ailleurs? »


« Après tout, elle peut bien s’expliquer les choses comme elle le souhaite. Elle sait bien que la manière dont les personnes racontent leur vie est en soi déjà révélatrice de leur vie. Elle sait aussi qu’écrire, c’est donner naissance aux personnages que l’on n’a pas su être. On crée des identités que l’on n’a pas osé incarner. Ecrire, c’est une revanche sur tout ce dont on a manqué. Surtout, écrire n’est jamais que le brouillon d’une vie que l’on n’a pas vécu. Celle que l’on aurait pu vivre. »


Et vous, quel passage vous a parlé ?

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