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"Les grands enfants" de Régis de Sá Moreira aux éditions Albin Michel



De leurs jeux d’enfant, ils ont conservé leur complicité. Avec leur imagination débordante, ils inventaient des histoires et jouaient pendant des heures avec leurs Playmobil. Trente ans plus tard, ils continuent à raconter des histoires à travers leurs films. L’un écrit, l’autre réalise.


Des confinements successifs, le scénariste en a tiré une histoire de robots. Dans ce monde où l’on vit cloîtré chez soi de peur de tomber malade ou de contaminer un plus fragile que soi, les interactions sociales s’amoindrissent. Dans cette fiction, les robots remplaceraient progressivement les humains dans les métiers à risque et combleraient la solitude des hommes. Chacun aurait son robot. Et un jour, un robot et une humaine tomberaient amoureux …


Voilà le pitch de ce film fou sur lequel personne ne parie. Mais les deux frères croient en leur projet et se lancent dans la réalisation de ce film. Ils s’entourent d’une équipe aussi déjantée qu’eux et surtout de personnes dont le confinement a entraîné ennuie à rallonge et perte de revenus.


Toute l’équipe s’installe dans un hôtel vidé de ses touristes à Villejuif. Une famille se crée pendant les mois de tournage. Des couples se forment, des vocations s’éveillent, des futures stars naissent.


Et dans ce roman choral, l’équipe de professionnels se confient sur ce tournage. Du figurant au chef opérateur, de la productrice à l’héroïne, de l’accessoiriste à la star du film, chacun a son histoire à raconter. Le film devait être un navet, il fut contre attente un succès qui a changé la vie de chacun.


Dans les salles, le succès est au-delà de l’espérance. Les cinémas rouvrent grâce à ce film. Les salles sont pleines. Certains spectateurs vont le voir une dizaine de fois. Ils auraient pu rafler tous les grands prix cinématographiques, les deux frères se contentent d’un partenariat avec Playmobil et sont heureux de voir les décors du film adaptés dans leur jouet préféré.


Et à leur tour, les spectateurs racontent leur expérience. Ce film a changé leur existence à jamais. Les critiques sont désemparés face à ce succès. Même Tarantino rendra son dernier soupir devant le film.


Un roman drôle et loufoque qui rend hommage au pouvoir de l’imagination et de la fiction.


Chaque personnage partage son expérience de cette leçon de vie. On rit, on s’émeut. En même temps, on en apprend beaucoup sur la fabrication d’un film et sur l’importance de chaque métier et du rôle de chacun dans la vie d’un film.


Il y a de l’humour, du rire et du cinéma dans ces pages.


Les passages du livre qui m’ont touché :


« (…) quoi qu’on fasse, quels que soient les aménagements, les leurres ou les trucages qu’on installe dans nos existences, on en revient toujours à un seul et unique chemin, un seul, parmi des milliers possibles. »


« Sur le papier, c’était perdu d’avance. Mais la réalité se contrefout du papier. »


« C’est le grand pouvoir du cinéma, l’ellipse. Son avantage sur la réalité. Vous pouvez vous lever de votre bureau et arriver chez vous sans prendre votre voiture. Vous attabler à un repas d’affaires et passer directement au café. Recevoir un coup de téléphone et vous retrouver aussitôt sur une plage d’Acapulco. »


« La vraie magie du cinéma, c’est qu’un film ça se revoit. Alors qu’une vie, il n’y a qu’au cinéma que ça se revit. »


Et vous, quel passage vous a parlé ?

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