« Les Sœurs Blue » de Coco Mellors aux Editions Calmann-Lévy
- quandleslivresnousparlent
- il y a 6 jours
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Elles étaient quatre. Chacune avait sa place, son rôle dans la fratrie. Elles avaient leur duo en fonction des circonstances. Elles fonctionnaient en quatuor.
Avery, Bonnie, Nicky, Lucky.
Et, il y a la disparition de Nicky et leur monde s’effondre.
Un an après son décès, chacune vit dans un pays différent.
Avery est à Londres, elle se noie dans le travail pour ne plus penser et tenter d’éloigner ses démons du passé qui sont revenus la hanter. Elle ne montre rien, tente de cacher sa souffrance à ses sœurs et sa compagne. Elle est l’aînée, elle se doit de montrer l’exemple.
Bonnie est partie se réfugier à Los Angeles. Elle a arrêté sa carrière prometteuse dans la boxe. Elle travaille la nuit comme videuse dans une boîte et dort le jour pour ne plus penser.
Lucky est à Paris pour sa carrière de mannequin. Sur ses talons, elle oscille. Elle passe ses jours et ses nuits à enchaîner alcools et drogues. Elle ne sait plus vivre sobre.
Les trois sœurs luttent contre leur douleur, chacune de son côté, chacune à sa façon.
L’annonce de la mise en vente de l’appartement familial où vivait leur sœur, va être un électrochoc. Elles vont devoir trier les affaires et surtout se délester d’une partie de leur passé pour aller de l’avant.
Ce roman choral alterne le point de vie des trois sœurs. Chacune leur tour, elles se confient sur leur enfance, leur doute, leurs addictions, leurs rêves. Elles se disputent, se réconcilient, se remémorent leurs souvenirs et s’aiment.
Au fil des pages et des confidences, des secrets se dévoilent.
Le livre se dévore et ressemble au roman « Les quatre filles du Docteur March » avec bien sûr, de la modernité et un regard fin sur notre société.
L’auteure a une plume fine et dessine avec minutie la psychologie de chacun de ses personnages. Ses héroïnes sont tourmentées mais touchantes.
Un roman fort et sincère.
Les passages du livre qui m’ont touché :
« Et en cet instant où elle se tenait serrée entre Lucky et Bonnie, décrire ce qu’elle ressentait pour elles comme de l’amour aurait paru superflu. Car elles étaient l’amour, cet amour magnifique, insoutenable et bien à elle. »
« Ses plantes de pied s’enfoncèrent dans la vase, et elle poussa. Mille courants invisibles l’aspirèrent vers le bas tandis qu’elle se propulsait, mais elle ne céda pas. Elle écarta furieusement l’eau de ses paumes comme pour tirer de pesants rideaux et laisser entrer le jour. L’eau se réchauffa peu à peu à mesure qu’elle remontait. Elle continua à nager. Elle y était presque. La lumière éclata au-dessus de sa tête comme une salve d’applaudissements. »
Et vous, quel passage vous a parlé ?



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