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"Lettres d’hiver, lettres d’été" de Lucille Dupré et Maaï Youssef aux éditions Belfond



Choisir de s’écrire pour se partager confidences et moments de vie. Se raconter en posant les mots sur papier au lieu de se les confier dans le creux d’une oreille au milieu d’une soirée ou d’une après-midi entre amies.


S’écrire deux fois par semaine, c’est ce que deux amies ont décidé de faire pendant l’hiver de l’année dernière. Séparées par la mer, Maaï Youssef et Lucille Dupré se sont envoyées pendant deux mois leurs secrets, réflexions, cris du cœur, douleurs et mots d’amitié.


Quand Maaï est à La Ciotat pour deux mois de résidence d’écriture, Lucille vit sur l’île de Porquerolles avec sa famille. Maaï doit faire face au deuil périnatal et à l’enfant qui ne vient pas. Lucille fait face au post-partum et à l’équilibre difficile à trouver avec deux jeunes enfants.


Face à leur douleur, elles s’épaulent et se confient. Elles parlent de tout et de rien comme savent le faire les amies. Elles posent des mots bouleversants, sincères et très ancrés dans le quotidien de nombreuses femmes sur la maternité. Elles racontent les choix qu’on demande aux femmes, la difficulté de concilier famille et vie professionnelle, le sentiment de culpabilité, le désir d’écrire, le temps qui file et qu’on tente d’attraper pour trouver un moment à soi, un moment pour se réaliser en tant que femme et non seulement en tant que mère.


Les lettres d’hiver sont très touchantes. Dans leurs écrits et confidences, nous ressentons leur sincérité, leur pudeur. Grâce à l’écriture, elles osent se confier, briser leur carapace et faire face à leur douleur.


Les échanges se sont prolongés durant le printemps et le début de l’été 2022. Les lettres d’été m’ont moins touché. La douceur et la spontanéité de leurs confidences d’hiver ne se retrouvent plus dans ces échanges d’été. Les lettres évoquent leurs recherches, les auteurs lus. Leur style est plus maîtrisé et dans la retenue. Le rythme s’essouffle et le sujet autour de la maternité tourne en rond. Une deuxième partie qui m’a moins convaincu.


Alors je retiendrai de cet essai, les lettres d’hiver, les confidences entre deux amies et leurs mots sincères et bouleversants qui ont résonné en moi.

Les passages du livre qui m’ont touché :


« Oui, globalement, quand une chose te déchire les tripes et le cœur, tu y penses et tu ne peux pas faire autrement. Pitié : dites aux gens qui disent aux autres qu’ils pensent trop de penser plus. »


« Je me demande si on n’écrit pas là où il y a des silences. Si on n’écrit pas les livres qu’on aurait eu besoin de lire, pour qu’ils apportent des réponses à celles et ceux qui comme nous ne s’étaient trouvé.e.s nulle part. Fiction ou récit, peu importe en définitive ? Peut-être même que, quelle que soit la forme finale, il est nécessaire qu’une part de nos « histoires vraies » y subsiste pour que d’autres personnes puissent s’y reconnaître ? »


« Parfois, notre cabane, on sait où elle se situe, mais on met des années à la rejoindre. Et c’est très bien comme ça. »


« Sauf que dans mon roman, je voulais avant tout raconter une guérison, dire qu’on pouvait justement guérir des chagrins les plus terribles, des traumatismes les plus fous, qu’effectivement, un jour nos cœurs atteignent enfin l’autre rive et qu’on retrouvait la joie et la paix et l’amour. Pour de vrai. Pour de vrai ou au moins pour un temps. Pas juste comme dans les films ou les chansons ou les romans, pour de vrai. »


Et vous, quel passage vous a parlé ?


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