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"Mardi soir, 19h", de Gilles Legardinier aux éditions Flammarion



J’ai un secret. Je commence toujours les livres par la fin. C’est par l’émotion que je ressens dans les dernières pages que je me décide ou non à choisir un livre. Je sais donc avant de démarrer l’enquête qui est le coupable, avec qui l’héroïne va choisir de passer sa vie avant de connaître ses prétendants, quelle est la destinée du personnage principal avant de l’avoir découvert.


Je commence toujours les livres par la fin sauf ceux de Gilles Legardinier car les dernières pages de tous ces romans sont un cadeau qu’il nous fait à nous lecteurs. Ces derniers mots sont toujours émouvants alors je les savoure. Et ces dernières pages me permettent de revenir doucement à la vie réelle.


Comme tous les soirs, après avoir quitté l’hôpital où elle travaille, Elynn rentre chez elle tout en pédalant. Elynn a en principe tout pour être heureuse : son métier d’infirmière orthopédiste qu’elle adore, un compagnon, une super collègue et amie avec qui elle partage les potins de l’hôpital et les confidences.


Il suffit d’un feu rouge, de trois petites filles traversant tout en riant et se dirigeant vers un complexe sportif pour qu’Elynn remette toute sa vie en cause et se demande si elle n’a pas oublié les rêves de la petite fille qu’elle a été. Elle a le sentiment de végéter dans cette vie toute tranquille avec un amoureux loin d’être son « homme idéal ».


Alors, elle va à son tour franchir les portes de ce centre de sport, s’inscrire au cours du mardi à 19h et reprendre sa vie en main.


Ce cours va chambouler sa vie et va l’inviter à s’interroger sur sa vie actuelle, la solitude qu’elle ressent et ce qu’elle veut vraiment pour ne pas passer à côté de sa vie. Ce cours va être le point de départ de nouvelles rencontres, de belles amitiés qui vont se créer au fil des mardis et des jus partagés; du professeur de sport qui ne la laisse pas indifférente ; d’un amoureux du lycée qui refait surface et d’un patient qui la touche en imaginant sa vie à travers la ville qu’il a fabriqué de ses mains et qu’il met en scène pour ne pas oublier les deux femmes de sa vie.


Elynn va suivre avec assiduité ce nouveau cours et va accepter qu’un souffle de changement vienne mettre la pagaille dans sa vie si bien rangée.


Une histoire très touchante. Gilles Legardinier jongle avec les mots pour un texte tout en humour, douceur et sensibilité. Il a le talent pour nous faire éclater de rire en haut de la page et nous faire monter les larmes deux lignes plus loin.


Un roman qui raconte avec douceur et sincérité les rencontres qui changent une vie et la solitude qui peut peser. Des situations drôles pour créer de jolies métaphores sur la vie de tous les jours avec ses hauts et ses bas.


Une lecture qui donne le sourire et rend hommage aux métiers du soin. Beaucoup de générosité et de bienveillance dans ces pages pour un texte profond et drôle. Un livre qui fait du bien au moral.


Et sinon, vous faites quoi mardi soir à 19h ? Si vous n’avez rien de prévu, je vous conseille de vous plonger dans le dernier roman de Gilles Legardinier pour une séance de lecture (qui a dit que lire n’était pas du sport ?)


Les passages du livre qui m’ont touché :


« Mais le dicton est sans appel : cœur affamé n’a pas d’oreilles. Le mien avait les crocs, et il était aussi sourd que mon ballon d’eau chaude. »


« Ma tante Florence me répète toujours que si l’on veut connaître la véritable nature d’un inconnu, il n’y a qu’à constater quelle est, chez lui, la pièce la plus équipée. « Si c’est la cuisine, tu vas prendre dix kilos. Si c’est la chambre, tu prendras cher, mais s’il y a une télé au pied du lit, tu vas t’ennuyer à mourir. » »


« Suis uniquement tes envies et ton instinct. Les autres tenteront toujours de faire de toi ce qui les arrange. Même s’ils ne le font pas exprès, ce sera forcément le cas. Alors, tant que tu n’as pas de chaîne aux pieds, cours. Galope. Vole ! Ne fais pas cadeau de ta vie à ceux qui ne feront que la consommer. »


« J’ai déjà galopé à cheval, sauté de vélo, fait des loopings dans des manèges à sensation, mangé trop de glace ou regardé des comédies romantiques en boucle mais il se passe vraiment quelque chose de spécial quand un homme fait attention à vous. »


« Envisager n’importe quoi m’amuse beaucoup, même si je sais pertinemment que lorsqu’il va se pointer, je vais me contenter de la jouer façon première de la classe propre sur elle. Toujours ce maudit décalage entre ce que je suis au fond et ce que je m’autorise à être aux yeux des autres. Les barreaux de ma cage sont faits d’un alliage de peur, de timidité et de manque de confiance en moi. Une saleté forgée depuis la nuit des temps, bien plus solide que le titane. »


« Adore, déteste, construis ou dynamite, n’aie peur de rien. Le pire survient quand tu ne fais plus de travaux et que le chantier est vide. »


« On ne s’attend jamais à voir débarquer les vrais sentiments. Ils vous envahissent sans même s’annoncer et refont toutes les peintures de votre vie sans que vous n’ayez rien demandé. J’aime beaucoup la nouvelle couleur avec laquelle ils sont en train de colorer mon âme. »


« J’ai appris que les tunnels d’obscurité conduisent à la lumière, j’ai découvert que seuls les doutes mènent à de vraies découvertes. Je sais que nos rivières de larmes permettent aussi aux barques dans lesquelles on rame d’avancer. Quiconque possède un cœur peut fabriquer ses propres océans pour naviguer de par monde. »


Et vous, quel passage vous a parlé ?

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