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"Panorama" de Lilia Hassaine aux éditions Gallimard



Dans un futur, pas très lointain, en 2049 pour être précis, tout le monde voit chez tout le monde. Les maisons en verre ont remplacé les maisons en brique ou en bois. Tout est transparent car après tout qu’avons-nous à cacher ?


Il n’y a donc plus d’intimité. Chacun a une contre-plongée chez son voisin et sait ce qu’il fait à tel moment. Il n’y a plus de vols, de violences, d’accidents domestiques vu que chacun surveille, chacun s’épie.


Dans cette société de voyeurisme, se voulant une société parfaite, il faut cacher ses émotions, rentrer dans le rang, jouer à la famille modèle.


Hélène, ancienne commissaire de police dans le monde d’avant, est devenue gardienne de protection dans l’ère de la Transparence. Sur son vélo, elle arpente les allées tranquilles et rend son rapport chaque jour.


Alors quand une famille d’un quartier aisé, disparaît mystérieusement et sans que personne ne s’en soit aperçue, c’est le moment pour Hélène de reprendre du service et de creuser un peu parmi ces faux-semblants. Il lui faut avancer avec prudence dans cette enquête et ne pas se tromper de coupable car la justice est désormais populaire et télévisuelle. Ce sont les habitants derrière leur télévision qui votent et choisissent si le suspect est coupable ou non.


Au cours de cette enquête, elle va découvrir des secrets bien gardés, quelques arrangements avec la vérité et surtout, elle nous plonge dans une société effrayante basée sur l’apparence et le contrôle.


Une dystopie passionnante qui dénonce le voyeurisme de nos sociétés et met en avant les dérives des réseaux sociaux sur notre société d’aujourd’hui.


Une métaphore de notre société actuelle où tout est publiable, racontée, montrée, likée, retouchée.


Un roman qui nous fait réfléchir tout en nous proposant une enquête qui nous tient jusqu’à la dernière page.


Un excellent roman qui nous offre réflexion et distraction.


Les passages du livre qui m’ont touché :


« Les communautés des réseaux sociaux ont pris corps. Nos amis virtuels, ceux qui nous ressemblent et partagent nos opinions, sont devenus nos voisins. Le vivre ensemble a cédé la place au vivre-ensemble-entre-soi. »


« Plus personne, dans notre société qui « aime », dans notre société qui « like », ne peut comprendre l’argentique. A moins de transformer les négatifs en « positifs ». »


« Je ne crois plus en la sécurité. Je n’aime plus les zoos. J’aime la vie qui fait mal, qui use et qui déçoit. »


« Le récit des morts, le récit des vivants, le monde est romanesque et les livres sont vrais. C’est peut-être pour cela que j’aime tant la fiction. Parce qu’elle ne ment jamais. »


« Ce qu’on aura vécu, on ne pourra pas le montrer, il faudra en parler. Trouver le verbe juste, décrire une émotion, dépeindre une couleur, raconter un visage. Depuis plusieurs années, mes photos s’accumulent dans des boîtes numériques, je ne les développe jamais, qu’elles soient sans intérêt ou qu’elles soient plus précieuses. Je sais où elles se trouvent, rien d’autre n’a d’importance, j’accumule, j’accumule, je partage avec mes amis, j’envoie à la famille, qui ne posent pas de questions. C’est beau, c’est cool, profitez ou un smiley sont des réponses qui suffisent à me combler jusqu’à la fois prochaine. »


« Il suffit d’être aveugle le temps d’une journée, de s’ignorer un moment pour se découvrir. On prend le temps de rêver, pour reposer nos yeux de tout ce qu’ils ont vu. »


Et vous, quel passage vous a parlé ?

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