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"Prière au lieu" d'Alice Babin, aux éditions JC Lattès



Alice, 25 ans, est architecte. Une semaine par mois, elle part retrouver à Belle-Ile, Suzanne, son amie de 70 ans. Là, elle devient les mains de Suzanne et raconte pour elle les souvenirs et les objets retrouvés dans sa maison d’enfance. Lors d’une traversée, elle entend au milieu de la conversation d’une passagère, le nom de la rue de son enfance : la rue des Rigoles. Tous les souvenirs liés à cette adresse, qu’elle avait enfermé à double tour au fond d’elle, ressurgissent.


Alors, elle repart à la découverte de cette rue qu’elle a arpenté enfant et adolescente. Elle retrouve la maison qui l’a choyée. Elle se balade de jour, comme de nuit dans son quartier. Elle redécouvre ses habitants et ses lieux emblématiques.


Ce quartier qui se divisait en deux avec d’un côté les barres d’immeuble et de l’autre les pavillons, n’est plus le même. Il a changé lui aussi. Les années ont creusé les inégalités entre ces deux espaces. Des commerces ont fermé, des nouveaux ont repris. Les places ont changé de nom pour rendre hommage à des personnes illustres. Les prix de l’immobilier ont augmenté, attirant des classes sociales plus favorisées. Les immeubles ont été laissés à l’abandon avec des travaux importants à réaliser et inscrits dans de futurs grands projets de réhabilitation.


Au fil des pages et de ses retrouvailles avec la rue des Rigoles, Alice replonge dans ses souvenirs et se souvient de son arrivée dans sa nouvelle maison, de la vue de sa chambre sur les immeubles et de ses amis d'école, le lieu où enfants des immeubles et des pavillons se retrouvaient et où les amitiés naissaient.


Ce roman rend hommage aux lieux chargés de notre histoire. Ces lieux qui nous marquent, nous façonnent, nous ont vu grandir.


On part à la rencontre de nos souvenirs, on replonge dans la maison de notre enfance, on se remémore nos jeux et nos amoureux de la cour de récré.


Un récit qui peint l’enfance et la nostalgie de ses années d’insouciance. La réalité est plus dure quand on grandit car l’œil adulte voit les défauts et les différences entre habitants que les années ont accentuées.


Une très belle lecture qui raconte le temps qui passe.


Un joli roman tout en douceur et délicatesse.


Les passages du livre qui m’ont touché :


« J’étais partie. Travailler sur de l’existant, faire des plans sur hier pour mieux aimer demain, mettre des mots et bricoler avec ce qu’on sait, et aussi ce qu’on saura jamais. Reconstruire ce que la vie a fait passer trop vite. Finalement, je m’étais dit, c’était un peu de l’architecture aussi. Mais pour le déjà là.»


« « (…) Des trucs qui deviennent importants parce qu’on l’a décidé. Si tu veux que ça compte, dis que ça compte ! Dis-le, et voilà, ça comptera. » Je fais oui avec ma tête, comme un soldat. Ce qu’elle vient de me dire m’apparaît être un mantra. La recette que tout le monde cherche, en fait, pour être heureux.»


Et vous, quel passage vous a parlé ?

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