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"Samouraï" de Fabrice Caro aux éditions Gallimard



Alan, en quelques jours, perd son meilleur ami d’enfance et se fait quitter par Lisa, qui avant de partir, lui demande pourquoi il ne se lance pas dans l’écriture d’un « roman sérieux ». Alors il la prend au mot. Et surtout pour qu’elle regrette de l’avoir quitté pour un universitaire passionné par Ronsard, il se décide à écrire ce roman sérieux et ouvre une nouvelle page.


Il est dans le bon « mood » pour écrire : un cadre idéal avec la magnifique terrasse de ses voisins dont il a la surveillance de la piscine pendant leurs vacances, l’objectif d’écrire 10 000 caractères par jour, le titre qui va faire l’unanimité auprès des critiques littéraires « Sol y sangre » et un mail envoyé à son éditrice pour la prévenir de son prochain roman très prometteur.


Mais rien ne se passe comme prévu ! La page reste blanche. Aucun mot ne vient alimenter son «roman sérieux ». La piscine change de couleur chaque jour jusqu’à verdir et accueillir de plus en plus de drôle d’êtres vivants. Et enfin, une de ses amies s’est mise en tête de le caser et le voilà, qu’il enchaîne les soirées arrangées.


Alan s’embourbe dans ses galères et nous partage ses pensées partant dans tous les sens, les situations cocasses dans lesquelles il se retrouve car il ne sait pas dire non aux sollicitations de son entourage. Bien que la page de son futur roman à succès, reste blanche, notre héros a une imagination débordante pour nous raconter ses instants de vie de façon romanesque, ses nouvelles idées de roman et surtout ses « potentielles » interviews avec des journalistes littéraires, vantant bien sûr son talent !


Un personnage drôle et touchant. Un gentil gaffeur.


Une histoire dont on éclate de rire pratiquement à chaque page ! L’absurdité de nos vies est racontée avec ironie et des mots désopilants.


Un roman drôle et déjanté pour une super lecture !


Quand rire et lire riment !


Les passages du livre qui m’ont touché :


« On écrit toujours pour quelqu’un, réel, imaginaire, de substitution, l’archer sans cible perd toute raison d’être. Un geste est toujours adressé à une personne précise, pour une raison bien déterminée. »

« Des années durant, on s’invite à des apéros et puis un jour, on n’a rien vu venir : soirée raclette. A quel moment de la vie, bascule-t-on au stade soirée raclette ? Rien ne marque mieux et de manière plus déprimante le passage à l’âge adulte. »


« Pendant qu’il parle, je cherche des yeux un verre de menthe, des vestiges de caresses, l’ombre de baisers perdus mais le flot opaque de ses mots recouvre tout sur son passage. Je suis venu retrouver mon adolescence et mon adolescence est ensevelie sous un amas de murs porteurs, de charpente et de double vitrage, un vrai séisme tropical. »


Et vous, quel passage vous a parlé ?

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