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"Son odeur après la pluie" de Cédric Sapin-Defour aux éditions Stock



Des mots d’amitié. Des mots d’amour. Des mots universels.


C’est une histoire qui résonne dans le cœur de ceux qui ont partagé ou qui partagent leur vie avec un animal de compagnie. C’est le lien fort qui se crée quand les regards d’un homme et de son chien se croisent.


Dans son récit, Cédric Sapin-Defour nous conte les treize années partagées avec son chien, Ubac, un bouvier bernois.


L’annonce dans un quotidien, leur rencontre dans un refuge, leur premier soir à deux, les balades dans les montagnes, la vie à trois puis à cinq et encore tant d’autres moments qu’ils ont vécu ensemble, sont décrits avec beaucoup de sensibilité et de douceur.


Plus qu’un compagnon, Ubac devient au fil des mois et des années, un ami, un frère, un protecteur. Faire une place dans sa vie à un autre, c’est s’ouvrir à un autre monde, c’est accepter une autre temporalité, c’est poser un autre regard sur la nature et ce qui nous entoure.


Des instants de vie sont posés entre ses pages. Des instants du quotidien universels. Des balades à deux et des découvertes grâce à son flair remarquable. Des repas partagés. Et des fous rires quand le mot « promener » est prononcé et que les sens se mettent en alerte, les muscles s’étirent, le pas se dirigent vers la porte, l’excitation se fait ressentir par des bonds dans la pièce et des jappements.


Partager sa vie avec son chien, c’est partager une multitude de moments merveilleux et de choisir de raconter les plus marquants.


Partager sa vie avec son chien, c’est communiquer autrement et se comprendre parfaitement.


Partager sa vie avec son chien, c’est oublier que nos anniversaires se comptent différemment et qu’un jour, il laisse un énorme vide et qu’il ne restera que les souvenirs.


Un magnifique récit qui ne peut laisser indifférent.


Ouvrir ce livre, c’est passer du sourire aux larmes, se laisser transporter par la plume sincère et touchante de l’auteur. Et c’est le refermer, en sentant la chaleur de son compagnon près de soi et en glissant une main d’une caresse sur son flanc.


Les passages du livre qui m’ont touché :


« Qu’il doit être plaisant de vivre au milieu de mille singularités visibles, l’on se mettrait alors en quête de plus grand et qui se nomme l’humanité, notre étoile ou un autre de ces tout qui rallient. Au lieu de cela, nous ressemblant trop, nous préférons nous attacher à ce qui désunit. »


« A cette minute précise, ce chien m’a choisi. Numéro douze entre dans ma vie. Avec l’aisance gracieuse des êtres attendus. »


« Il s’enferme joyeusement dans chaque instant que lui offre la vie, épris follement du présent, hermétique à tout le reste puis, à la moindre occasion et dans l’annoncer, il accepte tout aussi volontiers d’en sortir et que sa vie prenne soudain une autre direction que celle envisagée à la seconde précédente. D’apothéose du moment en apothéose du suivant, il va, le calcul ne semble avoir aucune place, ne règne que la joie simple et opiniâtre d’exister. C’est cela vivre avec un chien, c’est réapprendre qu’une heure est faite de soixante minutes valant chacune d’être considérée, s’octroyer le droit de papillonner de l’une à l’autre, se rendre saisissable à la surprise et à l’incertitude, ces sources inépuisables d’espérance. »


« Deux espèces distinctes qui se rapprochent, qui s’apprennent et qui s’attachent avec intensité, ce que les biologistes appellent fort à propos la vitalité. »


« Avoir un chien, c’est être dans le monde sans y être tout à fait, pas en périphérie, bien dedans mais joyeusement translucides, c’est comme s’autoriser une solitude voilée, heureuse et passagère. »


« En revanche, parce qu’il y a dedans un bout de promesse, « On va se promener ? » à demi chuchoté et la vie remue jusqu’aux tournis. Ce mot est le sien, celui de ses élans. »


« La vie, pour qui veut la voir, est partout et qui se dit seul est aveugle. Cet art d’être attentif, Ubac me l’enseigne, il épelle l’environnement partout où il passe ; dans les lieux les plus grandioses dont on fait des posters comme au petit square traversé négligemment. »


Et vous, quel passage vous a parlé ?

85 vues2 commentaires

2 Comments


Magali Caes
Magali Caes
Aug 11, 2023

Elles sont toutes jolies ces citations. C’est un livre qui est en haut dans ma liste d’achat.

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quandleslivresnousparlent
Aug 11, 2023
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Trop bien! J'ai hâte de connaître ton ressenti après la lecture de ce très beau livre. Bon weekend 😘

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