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« Terrasses ou Notre long baiser si longtemps retardé » de Laurent Gaudé aux éditions Actes Sud




C’était une journée lambda, un vendredi du quotidien qui se déroulait, une soirée attendue avec impatience, une soirée qui annonçait un weekend, une soirée où l’on devait se retrouver entre amis ou en famille.


Ce sera une date qu’on n’oubliera pas. Un vendredi qui nous marquera à jamais.


Dix chapitres pour se souvenir de ce vendredi soir, de cette nuit.


Des pensées de ces femmes et de ces hommes, des victimes, des rescapé(e)s, des forces de l’ordre, des forces de secours, des soignants, des témoins, des parents, des familles. Toute cette chaîne humaine présente et qui s’est succédé pendant de longues heures.


Une multitude de voix se répondent dans ce récit bouleversant. Les derniers mots des jeunes femmes et des jeunes hommes qui s’apprêtent à sortir, à rire, à trinquer, à danser. Les mots d’horreur des premiers secours et forces de l’ordre arrivés sur les lieux des crimes. Les mots transcrivent la peur des victimes. Le courage de tous ces hommes et ces femmes qui n’ont pas écouté leur fatigue, leur peur et qui ont combattu la mort, soigner, appliquer les soins nécessaires.


Et puis l’après, la lente reconstruction, le deuil, la réparation.


Une polyphonie de voix dans ce très beau récit qui met les larmes aux yeux et laisse sans voix.


Une force et une puissance dans l’écriture. Les larmes qui viennent à certains passages bouleversants.

Les images des médias qui ressurgissent. Les souvenirs de l’après qui illustrent les mots de l’auteur. Se tenir debout face à l’horreur. Être assis avec fierté en terrasse pour ne pas les laisser gagner. Se poser fièrement dans les salles de spectacle pour faire gagner la vie.


Des émotions fortes que l’écriture fait ressortir.


Un récit poignant dont on ne ressort pas indemne.


Un cri d’amour.


Les passages du livre qui m’ont touché :


« Nous sommes tant. Toutes différentes et si proches. Nous nous levons aux quatre coins de la ville. Jour normal que rien ne désigne si ce n’est ce nom, vendredi qui le rend aimable. »


« Aucun d’entre nous ne fait rien de bien particulier, ne prend de risque inconsidéré. Nous sommes juste ce que nous sommes. »


« Je suis dans mes pensées. Je m’arrête sur le trottoir avec cette envie simple de profiter un peu de la douceur du soir. C’est si beau Paris quand les soirées sont comme celle-ci…Je vous regarde passer. Les uns, les autres. Juste cela. Passer, pour quelques secondes encore. »


« Ces derniers mots de moi seront pour toi les derniers mots du monde. »


« Qu’est-ce qui nous consolera ? Le sentiment, peut-être, d’avoir été utile, d’avoir lutté contre l’appétit du malheur, d’avoir bataillé en tenant des mains, en murmurant des paroles de réconfort, d’encouragement, en étant au plus près de tous ceux qui souffraient, vacillaient, longue chaîne pour leur dire que nous étions là, avec eux et que nous avons tout fait pour nous opposer à leur mort. »


Et vous, quel passage vous a parlé ?

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