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« Tout avoir » de Marco Missiroli aux éditions Calmann-Lévy




Tu ferais quoi avec un million et vingt ans de moins ? C’est la question qu’aime poser Sandro à son père.


Face à la mer Adriatique, ils s’inventent des nouvelles vies, des achats rêvés, parfois farfelus, souvent immatériels.


Mais même avec un million d’euros, les années passées ne se récupèrent pas. Et de cela Sandro en a conscience lorsqu’il revient à Rimini, sans emploi et avec une dette importante laissée derrière lui à Milan après une défaite aux cartes. C’est un père affaibli qu’il retrouve. Un père qui balaie les inquiétudes de son fils d’un revers de la main. Un père qui ne veut pas encore renverser les rôles et conserver son rôle de protecteur.


Alors le temps d’un dernier été, les deux hommes se remémorent leurs souvenirs et profitent des instants simples. Des longues balades dans la vieille Renault 5. Des potagers bêchés. Des pas de danse. Des recettes de cuisine partagées. Des virées nocturnes. Et puis, un dernier film. Un dernier verre face à la mer. Une dernière cigarette.


Les moments partagés dans cette station balnéaire italienne se superposent aux joies de l’enfance. Les passions familiales se mêlent à la passion solitaire de Sandro pour les jeux de cartes. Les paris du père se sont succédé à ceux du fils.


Un roman qui conte avec beaucoup de pudeur la relation père-fils. Les sentiments se transmettent par les gestes du quotidien, les sourires et les yeux rieurs valent tous les mots d’amour. La peur d’un père ne faiblit pas malgré les années qui passent. La main sur l’épaule d’un fils empêche les pires bêtises.


D’une écriture simple et touchante, les moments d’une vie nous sont racontés.


Un livre lumineux.


Les passages du livre qui m’ont touché :


« Vivre selon les mathématiques des victoires et des défaites : tout est addition ou soustraction. »


« Le bonheur de ces heures pendant lesquelles je l’accompagnais dans des tâches où je pouvais l’observer : déboucher un évier, tailler les rosiers, nettoyer l’habitacle de la voiture. Les sortilèges qu’accomplissaient ses mains. »


« Je lui confiais tout sans rien lui confier. Quand j’étais enfant, je lui parlais dans ma tête et espérais observer une réaction immédiate, un sourcil arqué, des doigts qui tambourinent, un encouragement complice, comme s’il m’avait entendu par télépathie. »  


Et vous, quel passage vous a parlé ?

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