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"Une nuit après nous", de Delphine Arbo Pariente, aux éditions Gallimard



Mona, 46 ans, est architecte d’intérieur. Elle mène une vie rassurante auprès de Paul, son mari qu’elle a rencontré douze ans auparavant et ses trois enfants.


Lors d’un cours de Tai Chi, sa rencontre avec Vincent va chambouler sa vie, réveiller la petite fille qui sommeille en elle depuis de nombreuses années et qui n’a jamais pu dévoiler les secrets douloureux de son enfance. Les moments partagés avec Vincent, vont la replonger dans son passé.


A lui, elle va raconter la violence de son enfance au côté d’un père brutal, la recherche de l’amour d’une mère dépressive, la honte et la fin de l’innocence. A lui, elle va confier comment on fuit la violence psychologique, comment on se construit adulte sur une enfance brisée, comment on enfouit son passé au plus profond de sa mémoire. A lui, elle va avouer avoir oublié la petite fille qu’elle a été pour être une adulte à l’apparence heureuse mais fragilisée et souvent chancelante face aux épreuves de la vie.


Une magnifique histoire d’une rencontre qui bouleverse une vie et pousse à se confier, à avoir confiance en l’autre pour oser dévoiler ses secrets les plus intimes, ceux qu’on a enfoui au fond de soi.


Un roman touchant, écrit avec beaucoup de musicalité et de poésie.


Les mots deviennent des images poétiques à la lecture et racontent les événements et leur dureté avec délicatesse et sensibilité.


La puissance des images pour adoucir la violence du passé.


Des mots pour soigner les maux de son enfance.


Un premier roman magnifique et bouleversant.


Les passages du livre qui m’ont touché :


« (…) j’ai pensé à tous ces tiroirs remplis à ras bord de nos rêves qui enflaient enfant, dans nos têtes, ces rêves intacts qu’on a fini par plier dans des armoires en bois fermées à clé, bien à l’abri au milieu des taies d’oreiller et des traversins en lin, des rêves d’astronaute ou de danseur étoile, pour finir, sans ciller, gérant d’une station-service ou derrière la caisse d’un supermarché. »


« Elle voudrait ranger ses souvenirs dans un cahier à spirales, s’en désemparer, qu’ils la laissent tranquille mais c’est peine perdue. L’odeur des embruns, le chant clair des oiseaux, le visage de ceux qu’elle a aimés et à qui elle n’a pas dit adieu, cette foule qui vient errer dans son sommeil, impossible de la jeter à la rivière, de l’enfouir sous la terre, avec les verres. »


« Aimer floutait les souvenirs, rallumait la lumière de temps en temps, remettait demain à plus tard. Il aura fallu toute la vie, trouver à qui être indispensable pour ne plus se livrer à la perpétuité. Je croyais au silence comme filet à chagrin, pourtant jamais je n’oubliais d’oublier. Aujourd’hui, je peux dire cela a eu lieu. »


Et vous, quel passage vous a parlé ?

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