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"Valse fauve" de Pénélope Rose aux éditions PLON



Du haut de ses 19 ans, Rose refuse d’être une cocotte, c’est-à-dire une femme qui attend qu’on l’épouse. Il faut dire qu’avec la guerre, les hommes sont partis combattre et dans les bals, ils sont peu nombreux pour toutes ces jeunes femmes qui ne rêvent que de se faire passer la bague au doigt. Alors pendant que ses voisines et amies dansent, Rose attend, assise sur une chaise.


Un soir, elle fait la rencontre d’André, un accordéoniste. Il a déjà une petite fille, Michèle. Rose se moque des commérages. Elle est tombée amoureuse.


Ils vont avoir le droit à six mois de bonheur, six mois de moments passés en famille avant que la guerre les rattrape. André s’engage dans la résistance laissant Rose et Michèle seules face aux occupants.


Pour passer le temps qui les sépare, Rose écrit. Elle rédige des listes de toutes les choses dont elle rêve. Elle raconte les « petites choses » du quotidien avec Michèle. Elle lui écrit des longues lettres d’amour. Elle invente ses aventures d’héros pour Michèle.


Mais l’occupation est de plus en plus dure. Les soldats ennemis violents. Rose profite du talent de chanteuse de Michèle et d’un laisser-passer de l’ennemi prétextant un concours de chant à Paris, pour s’enfuir.


A Paris, elle découvre les dénonciations, l’occupation féroce, la violence. Alors, à son tour, elle s’engage dans la résistance et les histoires qu’elle racontait à Michèle prennent vie. C’est Rose qui devient une héroïne.


Le parcours d’une femme prête à tout pour sa fille, d’une jeune femme qui se libère et devient une héroïne.


De cette période sombre de l’histoire, l’auteure signe un premier roman lumineux et rend hommage à tous ceux qui se sont engagés pour libérer leur pays et notamment les femmes.


L’écriture est maîtrisée et vibrante. On s’attache très vite à Rose. Les pages s’enchaînent dans cette histoire qui parle de courage, de maternité, de liberté et d’amour.


Un très beau premier roman.


Les passages du livre qui m’ont touché :


« Dans une autre, j’ai composé un poème, figure-toi, mais il était pompeux. Je ne m’étais jamais rendu compte à quel point les figures de style peuvent faire passer une personne honnête pour une crâneuse. Les rimes sans pudeur ne riment à rien et je crois que faire rimer des mots avec humilité, c’est le grand talent des poètes. »


« Il y a des gens qui ont cessé de regarder les souhaits briller la nuit. Ceux-là n’ont aucun rêve. Aucune lumière pour veiller sur eux dans l’obscurité. Et c’est parce qu’ils sont dans le noir total, parce qu’ils n’y voient plus rien qu’ils sont devenus ce qu’ils sont. La seule solution pour que le monde ne soit pas obscur, c’est de continuer, inlassablement à faire des souhaits. »


« Peut-être que la seule façon d’être fidèle à ses rêves d’enfant était de les laisser grandir eux-aussi. »


Et vous, quel passage vous a parlé ?

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