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"Créatures du petit pays" de Juhea Kim aux éditions Les Presses de la Cité



Dans une fresque historique passionnante et pleine de poésie, Juhea Kim raconte à travers ses personnages, un demi-siècle de l’histoire de la Corée.


De 1917 à 1962, nous suivons le destin de Jade et de sa sœur de cœur Lotus, deux courtisanes ; de Jungho, fils d’un chasseur de tigres disparu et chef d’une bande d’orphelins errant dans les rues de Séoul ; Myungbo, un politique se battant pour l’indépendance de la Corée ; Yamada et Ito, deux soldats japonais et Hanchol, qui cumule les petits boulots pour réussir à rentrer à l’Université.


Quand Jade est vendue à 10 ans à une maison de courtisanes, le Japon annexe la Corée depuis une dizaine d’années. Un événement marquant va l’obliger à partir pour Séoul avec Lotus, sa meilleure amie et sœur de cœur. Là, elle va continuer sa formation de « giaseng », courtisane coréenne, auprès de Dani, une célèbre courtisane qui a su s’allier au pouvoir en place pour conserver sa liberté et se créer une couverture. En réalité, Dani œuvre pour l’indépendance de son pays et fournit de l’argent au mouvement conduit par Myungbo, fils d’une riche famille coréenne.


Jade grandit dans le Séoul des années folles et devient une jeune femme très demandée aussi bien pour sa beauté que pour ses talents de danseuse. Liée depuis l’enfance par une très belle amitié avec Jungho, un gamin des rues qui se bat pour survivre, elle s’éprend d’Hanchol, un étudiant sans le sou. Les deux hommes vont se battre l’amour de Jade mais surtout continueront à veiller sur elle quand les événements historiques tourneront en sa défaveur.


Leur histoire se mêle à la grande Histoire. Ils se rencontrent, s’aiment, se combattent, s’aident en même temps que l’annexion du Japon, les guerres d’indépendance, la seconde guerre mondiale pour se terminer avec la séparation de la Corée en deux.


Le souffle romanesque donné par ses personnages permet à l’auteur d’évoquer les guerres, les jeux de pouvoir, la corruption, le rôle des courtisanes et également de comprendre la séparation actuelle de la Corée.


Une magnifique fresque aux personnages attachants. Les contes et la musicalité de ce pays se ressentent à travers les pages. L’écriture est sensuelle et poétique.


Une histoire à la fois bouleversante, passionnante et romantique.


Les passages du livre qui m’ont touché :


« Nous rêvons tous, mais cela ne fait pas de nous tous des rêveurs. Les non-rêveurs, plus nombreux, voient le monde tel qu’il est. Les rêveurs le voient tels qu’ils sont eux-mêmes. La lune, le fleuve, la gare, le bruit de la pluie et même cette chose si ordinaire qu’est un bol de porridge devient tout autre, un univers aux multiples strates. Leur monde est une peinture plutôt qu’une photographie ; les rêveurs voient toujours des couleurs cachées où les autres ne voient que la teinte dominante. Les non-rêveurs utilisent des lunettes, les rêveurs des primes. »


« En dépit de tout ce qui s’était passé entre elles, elles savaient qu’elle pourrait reconnaître partout dans le monde ces courbes si particulières, aptes à faire éclore en toute circonstance un seul et immense mot : amie. »


Et vous, quel passage vous a parlé ?

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