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"Rentrée littéraire", d'Eric Neuhoff aux éditions Albin Michel



« Rentrée littéraire » raconte une histoire d’amour. Une histoire d’amour qui dure entre un homme et une femme. Une histoire d’amour éternelle entre un homme et les livres.


Pierre et Claire sont unis dans la vie comme dans leur travail. Ce couple d’éditeurs à la tête d’une petite maison d’édition, partage la passion des livres. Sur les 500 romans qui sortent à chaque rentrée littéraire, trois proviennent de leur maison d’édition et un seul est choisi par la Fnac. A chaque rentrée littéraire, il faut avoir le bon papier dans la presse, amadouer le bon journaliste qui rédigera un article élogieux et permettra d’augmenter les ventes, faire les bonnes interviews, aller dans les émissions littéraires qui ont la côte et surtout être sur les listes des prix littéraires afin d’obtenir le Saint Graal, le Goncourt.


Pierre et Claire sont proches de la soixantaine et sont mariés depuis de nombreuses années. Ensemble, ils ont eu deux enfants. Alors qu’autour d’eux, leurs amis et proches se séparent, divorcent, refont leur vie avec des midinettes qui ont l’âge de leurs filles, leur amour reste intact et vibrant. Ils continuent de s’admirer et de se désirer malgré les corps changeants, les rides qui marquent leur visage et les enfants partis.


Alors qu’ils aiment avec passion les livres et sont fiers d’avoir bravé les tempêtes et publiés de très bons romans, leur entreprise se fragilise. Face aux plus grands, face à la concurrence, c’est dur de résister et de plébisciter son roman, celui qu’on a tenu dans les bras alors que ce n’était qu’un manuscrit, l’auteur qu’on a cajolé, secoué, soutenu afin qu’il mette dans les temps le point final à son œuvre. Comment trouver la perle rare parmi tous les manuscrits reçus et tous ces potentiels écrivains en herbe ?


Pierre et Claire se posent la question : doivent-ils vendre à un grand groupe ? A un milliardaire souhaitant diversifier sa fortune en se lançant dans l’édition après avoir acheté un club de foot ?


Eric Neuhoff nous plonge dans le monde de l’édition et ses rouages. On y découvre les repas d’affaires interminables pour faire la publicité d’un nouveau roman, les coulisses des salons littéraires, les manipulations pour les prix littéraires, la difficulté pour un auteur de percer et surtout de pouvoir continuer à vivre de ses livres.


Un très beau récit tendre et nostalgique racontant le lien d’amitié qui se crée entre les éditeurs et leurs auteurs.


Une écriture teintée de mélancolie et en même temps un très bel hommage à la littérature. Un roman qui parlera à tous les amoureux des livres.


Les passages du livre qui m’ont touché :


« Pierre ne lisait plus autant, mais cette occupation avait été pour lui un refuge, son oxygène. Claire était pareille. Quand elle était en pension à Mortefontaine, elle grimpait dans les arbres du parc et lisait des après-midi entiers, perchée sur une branche. Les bonnes sœurs la cherchaient partout. Dans le dortoir, elle se cachait sous les draps avec une lampe de poche pour terminer un Jane Austen. »


« Pierre se demanda quel serait le dernier livre qu’il lirait dans sa vie. »


« Aux Epées, on ne lisait pas les manuscrits envoyés par mail. C’était une maison démodée. On n’adressait pas de services de presse aux blogueurs. Il n’y avait pas de compte tweeter. On ignorait les réseaux sociaux. Pas d’édition numérique. Un seul critère : le plaisir. »


Et vous, quel passage vous a parlé ?

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