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« Brûler grand » de Juliette Oury, Les Editions de l’Observatoire

  • quandleslivresnousparlent
  • il y a 13 minutes
  • 2 min de lecture


Emilie est fatiguée mais elle va bien.


Emilie est moins efficace mais cela va passer.


Emilie a la tête dans un étau mais elle se dit que c’est un état provisoire.


Emilie pleure sans raison, ne dort plus, fait des malaises, est malade avant de partir travailler. Mais c’est parce qu’elle a beaucoup de travail, cela va passer.


Son médecin parle de burn out, Emilie relativise. Tout va redevenir comme avant.


Pour rassurer son compagnon, elle accepte de partir pendant une semaine pour une retraite qui aide les gens comme elle, à se rétablir. Pour Emilie, se rétablir, c’est que tout redevienne comme avant, qu’elle retrouve son énergie, qu’elle puisse continuer à abattre beaucoup de travail, qu’elle soit à nouveau épanouie dans son métier de magistrate.


En arrivant devant cette bâtisse qui va les accueillir pendant une semaine auprès de Myriam, coach, Emilie découvre les six autres pensionnaires et le programme : atelier, soins, méditations, coloriage, pleine conscience.


Dans ce petit groupe, il y a les bons élèves qui veulent vite s’en sortir pour vite retourner travailler ; il y a ceux qui sont déjà beaucoup abimés et dont il faudra plus que des pansements pour les réparer ; il y a ceux qui se sentent très bien et ne comprennent pas ce qu’ils font là.


A force d’échanges, d’ateliers, de mots posés sur les maux du quotidien, le regard d’Emilie change. La souffrance des autres fait sens avec sa propre souffrance. Ce qu’elle ne voulait voir, s’admettre, prend sens et devient réel.


Alors la colère monte. La colère la consume. Jusqu’où ?


Un roman qui interroge avec sincérité et clairvoyance notre rapport au travail. Avec des touches d’humour, il met en avant la souffrance cachée par peur, par fierté souvent.


Ce livre est également un reflet de notre société et des professions qui la constituent.


Un roman, portrait de notre société, percutant et nécessaire.


Les passages du livre qui m’ont touché :


« Je scrute autour de moi leurs visages baissés. Sur toutes les routes qui nous ont mené ici, qui nous a soufflé que le travail seul ferait de nous des humains ? Et pourquoi l’avons-nous cru ? »


« Je me demande jusqu’à quand les gens qui font des burn out pourront devenir coachs en burn out ou affiliés. Un jour viendra où il n’y aura plus assez de gens qui font des burn out pour assurer une rémunération suffisante des coachs disponibles, mais juste avant, quand les derniers survivants dans les entreprises et les services publics devront se partager tout le travail qu’il y a encore à faire, on peut s’attendre à une période faste. »


Et vous, quel passage vous a parlé ?

 
 
 

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