« La montagne ardente » de Philippe Manevy aux Editions Le bruit du monde
- quandleslivresnousparlent
- 9 juin
- 2 min de lecture

Après nous avoir emporté à Lyon, dans le quartier de la Croix-Rousse, auprès de sa famille maternelle, l’auteur nous emporte dans son nouveau livre sur d’autres terres, celles paternelles, au milieu des volcans d’Auvergne.
C’est la lignée paternelle qui lui fait prendre la plume. Une famille qui travaille la terre. Une famille de taiseux. Les silences ont plus de place que les mots. L’amour se devine plus qu’il se dit.
Pour partir à la rencontre de ses aïeux, il faut retourner dans la maison familiale au pied du Lizieux. Une bâtisse édifiée par ses arrière-grands-parents.
On lit ces pages et c’est un siècle d’histoire qui nous est conté.
De la terre viendra les mots. Des mains tachées de terre viendront les mains tachées d’encre. Du travail en plein air au travail dans un bureau. Les années passent dans ce 20ème siècle, les progrès technologiques, les études guident vers d’autres chemins et c’est la campagne que l’on quitte pour la ville.
Ce sera le cas de Joseph, le grand-père de l’auteur. Il ne reprendra pas la ferme familiale. Lui, sera notaire. Puis le père de l’auteur à son tour. Une nouvelle transmission.
De transmission, il en est beaucoup question dans ce roman poétique, touchant et surtout universel.
Comme dans le premier livre, c’est de sa famille que l’auteur nous parle, et cependant, on se retrouve dans les mots, les événements, les lieux.
Un livre qui dessine avec beaucoup de douceur des hommes, des pères, qui leur rend hommage avec pudeur et sincérité.
Une lignée paternelle qui vient compléter la lignée maternelle. Deux branches qui se croisent.
De ces hommes qui cultivent la terre, l’auteur a hérité des mots qu’il cultive à son tour.
De la terre aux mots, un très beau roman.
Les passages du livre qui m’ont touché :
« Et c’est peut-être cela, aussi, une famille : la coexistence des contraires, un nœud de questions non résolues. »
« S’égarer, ce serait donc perdre son chemin à force de ne pas avoir fait attention à ce qui nous entoure. Ne plus savoir où on en est parce qu’on a laissé s’échapper ce dont on avait la garde. Avoir cessé de scruter la nuit. Pour retrouver la voie, la solution, toute simple et très exigeante, se trouve dans le mot lui-même : il faut commencer par regarder. »
« Mon père est un doux, de cette sorte d’hommes qui méritent un peu mieux que la place qui leur est faite dans nos représentations : aucune, ou alors celle ridicule, du cocu, du battu content, du faible qu’il serait légitime d’écraser. On fait tort aux doux lorsqu’on prend leur silence pour une faille. Ils ne se taisent pas nécessairement parce qu’ils ont peur ou rien à dire. Souvent, ils sont en train de rêver d’une autre société : une qui n’aurait pas pour modèle une colonie de chimpanzés ou de gorilles en quête de son mâle alpha. »
Et vous, quel passage vous a parlé ?



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