« Le pays des étés » de Pierre Adrian aux Editions Gallimard
- quandleslivresnousparlent
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Les maisons de vacances sont constituées de souvenirs. Les murs sont empreints des rires des enfants. Les chambres abritent les secrets. Les couloirs, les courses poursuites entre cousins. Les rallonges sont nécessaires pour accueillir toute la famille autour de la table. Les journées sont ponctuées par le quotidien familial, sans horaire fixe, au gré des marées. Le temps des vacances, cette maison devient l’unique lieu des retrouvailles.
Après avoir conté dans « Que reviennent ceux qui sont loin », les souvenirs des étés de son enfance, l’auteur revient dans ce nouveau roman, sur les murs qui ont entouré ces souvenirs : la grande maison. Sa maison de famille en Bretagne.
La maison qui a appartenu à ses aïeux et qui à chaque vacances, et notamment l’été, voit revenir ses habitants : la famille. Il y a l’oncle de juillet. Les cousins qui arrivent juste avant le 15 août. Les oncles, les tantes, les cousins, les petits cousins, les neveux. Plusieurs générations sous un même toit. Quand une génération disparaît, une autre prend la relève.
Il y a ceux qui restent une semaine et ceux qui restent tout l’été. Ceux qui viennent en voiture, ceux qui partent avec le dernier train au départ de Brest. Ceux qui viennent pour la fête du port, ceux qui grappillent quelques jours supplémentaires en septembre.
Il y a ses habitants et il y a les murs.
La grande maison présente dans la famille de l’auteur depuis plusieurs générations est vendue après le décès de sa grand-mère. Ainsi, c’est le dernier été qui nous est raconté et toutes les dernières fois dans la maison. Les meubles chargés de petites et grandes histoires que l’on se partage et qui trouvent une nouvelle place dans d’autres salons, chambres et même studio.
Et puis, il y a les nouveaux propriétaires, ceux que l’on regarde avec méfiance. Les grands travaux qu’ils apportent. Les transformations de la grande maison.
Et puis, il y a les nouveaux vacanciers qui prennent plus ou moins soin de la maison.
La vie reprend. L’été se poursuit. Autrement. Plus dans la grande maison, mais à côté. L’auteur n’y a plus sa place mais il y passe toujours devant et observe avec nostalgie, parfois colère, les nouveaux occupants qui l’habitent.
Les souvenirs des murs. Les souvenirs de l’enfance. Les dernières fois d’un bâti qui abrite les souvenirs de famille.
Un roman à la fois personnel et universel, qui raconte le temps qui passe et les lieux de l’enfance.
Les mots sont empreints de douceur, de poésie et de sensibilité.
Des murs qui portent une histoire et des pages qui nous les content.
Magnifique.
Les passages du livre qui m’ont touché :
« Que resterait-il d’une trentaine d’étés passés dans la même maison ? Je pensai aux mirages d’une époque où je croyais qu’ils seraient sans limite, alors que tant de choses dans la vie se comptent sur les doigts d’une main. Avant que ses souvenirs ne se dissipent, qu’ils ne jouent avec ma mémoire, je les ravivai en désordre encore une fois. »
« On ne choisit pas de se séparer d’une maison ; on le fait pour que la vie continue. »
« J’appris plus tard, en apprivoisant l’absence, que les lieux que nous aimons nous aident à supporter un grand chagrin. Ils réparent, et la mer où qu’elle soit console. La mer console toujours. »
Et vous, quel passage vous a parlé ?



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