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« Choses que je croyais perdues » de Clémentine Mélois aux Editions L’Arbalète Gallimard

quandleslivresnousparlent
il y a 32 minutes
3 min de lecture

Que renferment les objets qui nous entourent ? Que disent-ils de nous, de la personne que nous étions ou que nous serons ?


Dans l’appartement qui l’a abrité ces dernières années, Emilie range et emballe les objets de son existence. Elle trie entre ce qu’elle doit garder et ce qu’elle aimerait garder. Car oui, chaque objet a une histoire à raconter, chaque objet porte un souvenir. Il y a ce verre à moutarde négocié lors d’un vide-greniers, ce pantalon, souvenir d’un déjeuner inoubliable, ces assiettes sorties aux grandes occasions et qui ont vu défiler de nombreux desserts.


Tout en emballant avec soin ces objets, Emilie se souvient et alors l’objet devient le début d’une histoire qui se lie à un autre objet et dont l’ensemble forme des moments de vie que l’on pensait remiser dans un coin de notre tête et qui pourtant ont une place importante dans notre cœur.


Les objets partent dans des sacs poubelles, des cartons ou des valises et ils racontent un pan de la vie d’Emilie. Ses premiers jobs, son contrat dans une école municipale des beaux-arts et sa rencontre avec lui, lui le fil conducteur des objets de son quotidien. Lui, d’où elle se souvient de leur rencontre et de toutes les premières fois. Lui, et les années qui offrent une routine d’abord agréable, puis inquiétante. Lui, et sa peur de l’engagement. Lui, et ses derniers mots.


Des verres, des assiettes, des vêtements, des flacons de parfum, des articles de journaux, des feuilles de sopalin. De l’ordinaire. Et des histoires, des souvenirs. De l’extraordinaire.


Un roman où les petits riens se mélangent aux grandes joies, où la passion se mêle à la désillusion, où les premières fois s’accompagnent des aux-revoir.


De la fantaisie, de la poésie, de la tendresse.


Une histoire parlant d’amour, de souvenirs et des objets qui nous constituent.


De jolies pages qui s’entremêlent.


Les passages du livre qui m’ont touché :


« Mais les souvenirs sont des fleurs sauvages, ils s’épanouissent où bon leur semble et le plus souvent là où on ne les espère pas. »


« En bon camarade, le vieux journal me donne une tape amicale dans le dos. Rien ne sert de s’agiter, ma jolie. Les grands drames comme les petites joies se décolorent avec le temps et quoi qu’il se passe dans nos vies, rien ne change vraiment : passent les jours et les semaines, sous le pont Mirabeau coule toujours la Seine. »


« J’ai commencé par vider la cuisine parce que c’est ma pièce préférée. Dans ta famille on fait qu’y passer mais, pour moi, c’est le cœur battant de la maison, même quand on vit dans un appartement. C’est la pièce où l’on bricole, où l’on parle, c’est là où l’on se réunit. »


« Ça ne sert à rien de s’acharner : les moments heureux ne sont pas une affaire de volonté, de discipline ou d’abnégation. Ils arrivent par surprise, comme surgissent les animaux sauvages à l’orée d’une forêt. Les fêtes les plus joyeuses sont celles qu’on improvise : pour ne pas être déçu, il ne faut rien attendre. »


« Je n’ai pas sur quand la petite souris est passée pour la dernière fois, quand j’ai rangé mes Playmobil dans leur boîte pour leur dernière fois, quand j’ai vu ma grand-mère pour la dernière fois, quand j’ai fermé la porte de l’atelier pour la dernière fois, quand on s’est aimés pour la dernière fois. Mais tu vois, ce n’est pas si grave : tant que je pourrai raconter leur histoire, toutes ces choses ne sont pas vraiment perdues. »


Et vous, quel passage vous a parlé ?

 
 
 

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