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"Billy Wilder et moi", de Jonathan Coe



Alors qu’elle dépose à l’aéroport, sa fille qui prend son envol pour Sydney, Calista se remémore son propre départ 35 ans auparavant d’Athènes pour un road-trip à travers les Etats-Unis. Ce voyage va la conduire un soir, à la table du prestigieux Billy Wilder, dont elle ne connait rien de sa filmographie.


Cette rencontre va être le déclencheur d’une folle aventure qui va l’entraîner sur les plateaux de tournage de l’avant dernier film de Billy Wilder : « Fedora ». Calista sera dans un premier temps l’interprète pendant le tournage en Grèce, puis l’assistante du scénariste et complice de Billy Wilder, Monsieur Diamond.


Avec Calista, on découvre les coulisses du tournage de « Fedora », on redécouvre le cinéaste Billy Wilder qui est à ce moment de l’histoire, sur le déclin et dont Hollywood ne veut plus financer les films.


Dans l’écriture de Jonathan Coe, on ressent les « paillettes dans les yeux » de Calista qui vit un rêve éveillé et qui par sa rencontre avec ces deux cinéastes va se découvrir une passion pour le cinéma et trouver sa voie : devenir compositrice de musique de film.


On sent le passé de critique de cinéma de Jonathan Coe et sa maîtrise des codes de l’écriture scénaristique. Il nous propose un passage écrit sous la forme de scénario. Il pose ici et là, des indices et des objets qui prennent sens à la fin du livre car rien n’est écrit au hasard et comme au cinéma, chaque scène, chaque image à une signification et apporte quelque chose à l’histoire, comme par exemple, la passion du brie de Calista qui est présentée dans les premières pages et dont on comprend l’intérêt dans les dernières pages.


Le roman est très bien documenté et comporte de nombreuses anecdotes de tournage et de répliques culte. C’est aussi un joli regard sur l’évolution du cinéma.


Ce roman est époustouflant. On est transporté sur les plateaux de cinéma aux côtés de Calista. Jonathan Coe signe un portrait touchant et intime de Billy Wilder. Il rend un très bel hommage à sa carrière et à sa filmographie.


En refermant ce livre, on n’a qu’une envie, replonger dans la filmographie de Billy Wilder.


Ce roman mélange tendresse, humour, élégance et passion pour le 7ème art.


Les passages du livre qui m’ont touché :


« Tout me fait penser à un film, c’est plus fort que moi. »


« Imagine que l’art – n’importe quelle œuvre d’art – c’est plutôt comme … tendre un miroir, et regarder ce qu’il reflète. »


« A Hollywood, les gens remarquent ce genre de choses. On ne commence pas sa matinée en lisant les Cahiers du cinéma avant d’aller au travail. On consulte le box-office. »


« Ce n’était pas simplement un film sans coups de feu, sans explosions ou vrombissements de moteurs, c’était un film dans lequel il n’y avait pratiquement jamais un mot plus haut que l’autre. Mais malgré – ou peut-être grâce à – cette retenue, la chaleur du film s’insinuait progressivement en vous, vous irradiait de son rayonnement ambré, jusqu’à ce que vous aussi vous n’ayez qu’une envie : partager la féérie tendre et feutrée de l’amour que se déclarent James Stewart et Margaret Sullavan dans la scène finale. A mon sens, c’est peut-être le film le plus romantique qui ait jamais été réalisé. »


« Je suis réaliste quand il s’agit de la vie. Pour ce qui est de faire des films, je suis un optimiste. Il le faut sinon on n’écrirait jamais le moindre scénario. »


« La vie est moche. On le sait tous. Pas besoin d’aller au cinéma pour savoir que la vie est moche. Les gens y vont parce que ces deux heures apportent à leur existence une petite étincelle, qu’il s’agisse de comédie et de rires ou simplement…je ne sais pas, de belles robes et d’acteurs séduisants, ou n’importe quoi d’autre – une étincelle qui n’était pas là auparavant. Un soupçon de joie, peut-être. »


Et vous, quel passage vous a parlé ?

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