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"Celle qu'il attendait", de Baptiste Beaulieu



C’est l’histoire de poteries confidentes et de recettes à base d’amour en poudre, d’espoir liquide et de douceur.


C’est l’histoire d’Eugénie, mi-femme, mi-poète, qui rentre son ventre dans le métro, qui danse dans la rue comme dans les comédies musicales, qui n'aime pas le regard des autres, qui doute d'elle-même, qui invente des objets, qui répare les ailes des papillons blessés, qui a perdu la prononciation de certains mots alors elle en crée des nouveaux beaucoup plus beaux.


C’est l’histoire de Joséphin, un homme tout en longueur, qui vient de loin, qui ne sait pas exprimer ce qu’il ressent sans tourner de la terre entre ses mains, qui confie ses histoires aux objets qu’il façonne, qui a enfoui ses secrets et ses blessures en lui et qui un jour a lancé une balle de tennis jusqu’au soleil en espérant très fort qu’elle reviendrait avec du bonheur.


C’est l’histoire de deux personnes qui s’attendaient depuis longtemps et pour qui la rencontre fût une évidence.


C’est l’histoire d’un coup de foudre sur le quai d’une gare.


C’est l’histoire d’une rencontre amoureuse entre deux êtres timides et abîmés par la vie.


C’est l’histoire des premières fois d’un couple, de la découverte de l’autre et de l’amour naissant.


C’est un roman qui invite à prendre son temps et à se laisser bercer.


C’est beau, c’est puissant, ça donne le sourire et ça fait monter les larmes.


C’est un conte moderne aux mots doux, légers et poétiques.


C’est à lire, absolument, pour s’évader et (re)tomber amoureux à nouveau.


Les passages du livre qui m’ont touché :


« En cas de besoin, tournez toujours votre visage vers une fenêtre : elles sont les sorties de secours de l’âme que le génie humain a eu la sagesse inconsciente de poser dans toutes ses constructions. »


« Apprendre la terre, l’accompagner vers la forme, apprendre les gestes, les sons, les matières, c’était aussi « s’apprendre ». La terre poussait les murs en elle, abattait les cloisons comme les certitudes. »


« Subitement, il lui sembla dégringoler les barreaux d’une interminable échelle intérieure, comme si tomber amoureux, c’était redevenir un enfant aux jambes grêles. D’ailleurs, peut-être est-ce pour cela qu’on dit tomber amoureux, et non monter amoureux. »


« Apprendre à repérer les fissures dans la terre n’est point si différent qu’apprendre à reconnaître les fissures chez les gens. »


« Alors là, dans l’impénétrable langage de la nuit, dans la tiédeur de ce soir automnal, au milieu de ce trottoir désert, sereine, légère comme seule la liberté peut rendre les femmes légères, elle dessina au cœur des ombres l’énigmatique combat du corps dressé contre l’espace. Le temps d’une danse, la rue fut à elle, la rue fut à toutes. »


Et vous, quel passage vous a parlé ?

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