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"Je suis venue te dire" de Cynthia Kafka aux Editions de L'Archipel



On peut fuir à des milliers de kilomètres, on ne fuira jamais ses problèmes et les secrets de notre passé. Un jour ou l’autre, ils nous rattrapent. C’est ce que va comprendre Rose en entrant dans la chambre n°4 d’un service de soins palliatifs où est hospitalisé son père. Des problèmes et de la rancœur qui s’accumulent depuis de nombreuses années, Rose en a. Et sa fuite depuis dix ans à Bordeaux, n’a rien changé. Elle n’est pas plus heureuse à Bordeaux qu’elle ne l’était à Chantilly, sa ville natale.


Et alors qu’elle pensait en rentrant à Chantilly, venir dire ses quatre vérités à son père, c’est tout l’inverse qui va se passer. Rose avait prévu de lui dire tout ce qu’elle garde en elle, tout ce qui la rend malheureuse et reprocher à son père d’être la cause de tous ses problèmes, de son mal-être et de son incapacité à prendre en main sa vie. Cependant, la vérité est souvent plus complexe que nos pensées toutes faites et c’est ce que va comprendre Rose en revenant chez elle.


Son père ne pouvant plus parler et ne sachant pas par quoi commencer, Rose écrit ses souvenirs le soir et elle vient les lui raconter dans la journée.


Ce sont ses souvenirs qui vont remonter. Dans cette chambre n°4, elle lui lit leurs souvenirs et leur histoire à tous les deux.


Ce retour dans la ville de l’enfance va lui permettre aussi bien de renouer avec son enfance qu’avec ses personnes dont elle était proche comme Simone, fleuriste qui l’a formée et Amélia et Mathéo, ses petits-enfants.


Avec Amélia et Mathéo à ses côtés, elle va apprendre à lâcher prise, à penser par elle-même et à s’affirmer. Rose qui s’est, depuis sa tendre enfance, comportée selon ce que les autres attendaient d’elle, qui ne voulait pas faire de vague et surtout qui cherchait l’amour des autres, va apprendre à être elle tout simplement et à s’aimer.


Comme les pétales d’une fleur, Rose va au fur et à mesure des jours, se déployer et pardonner.


Un roman d’une très grande tendresse. Humour et sensibilité se mêlent à travers les pages. Les larmes des fous rires se mêlent à celles des moments de grande émotion.


L’amitié a une place centrale dans ce récit.


Une très belle histoire sur le pardon, la confiance en soi et l’ouverture aux autres. Faire la paix avec son enfance et ses parents pour grandir et être soi, lâcher vivre, voir la vie en rose et oser demander de l’aide à nos proches, sont les mantras avec lesquels on repart, en quittant ces très beaux et touchants personnages.


Une plongée dans les souvenirs pour renouer avec soi.


Un coup de cœur !


Les passages du livre qui m’ont touché :


« Selon Simone, le thé, c’est la solution à tous les problèmes. A la condition qu’il soit en vrac et non en sachets, et que l’eau chauffe à la température exacte. Ni trop ni trop peu. Le thé soigne les maux du corps et de l’âme, d’après elle. »


« On n’a qu’une vie. On mange suffisamment d’épinards secs et sans saveur pour ne pas refuser un peu d’épices et de beurre. Et l’amour est à la vie ce qu’est le beurre aux épinards. Allez, ma fille, file rattraper Marcus avant qu’une pimbêche comme Kimberley ne lui mette le grappin dessus ! »


« Sauf que ta carapace t’empêche de laisser le bonheur t’atteindre. L’amour, c’est beau, ça fait du bien…ça n’enlève pas les emmerdes, mais ça permet de faire front à deux, de ne jamais se sentir seul, de dépasser aussi. Franchement, c’est une expérience à tenter ! »


« Les amis sont là pour ça. Rire quand tout va bien. Aider quand on est dans la merde. Se soutenir, se protéger. Et les amis de nos amis sont nos amis, tu n’as pas appris ça en mathématiques ? »


« Un jour, Simone m’a dit que la goutte de trop dans le vase n’était pas une fatalité, simplement le bon moment pour changer. Elle avait raison. J’ai accepté de lâcher prise, et rapidement, tout s’est décanté dans mon existence. Grâce à moi. »


« J’ai peut-être attendu longtemps, mais désormais je sais ce que signifie l’insouciance. Je vois la vie en rose. Je suis venue te dire…que maintenant je vais bien. »


Et vous, quel passage vous a parlé ?

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