« La disparition des choses » d’Olivia Elkaim aux éditions Stock
- quandleslivresnousparlent
- il y a 11 heures
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Automne 1941, sur un quai à la de Gare de Lyon, un petit garçon, sa main dans celle de sa mère, s’apprête à partir pour Grenoble avec la Croix Rouge. Ce petit garçon, c’est Georges Pérec. Il ne le sait pas, mais c’est la dernière fois qu’il aura sa mère près de lui. Sa mère, Cécile Pérec, veut protéger son enfant. En mettant de côté ses larmes, elle n’écoute que son cœur de mère qui lui dicte de mettre son fils à l’abri.
En lisant les livres de Pérec, l’auteure s’est aperçue que sa mère n’est jamais mentionnée dans ses ouvrages, ni dans ses interviews. Il ne parlait jamais d’elle à ses amis.
Alors Olivia Elkaim a voulu rendre hommage à cette femme et aux mères en redonnant un visage, des émotions, une histoire à cette femme, quasi absente de l’histoire collective.
Elle plonge dans les écrits de Georges Pérec, elle décortique chaque mot, chaque ligne. Elle rencontre ses amis, écoute les voix qu’elle a enregistré. Elle lit les archives. Et toute cette matière lui permet de dessiner Cécile Pérec.
Elle se met dans la peau de cette femme, obligée de se séparer de son enfant pour le protéger. Elle lui redonne vie. Elle ressent ses émotions.
Elle raconte Cécile et en même temps, elle fait vivre Georges Pérec, en mettant en avant ses écrits, en glissant ses textes, en montrant sa passion pour l’écriture.
Tout en contant cette femme, l’auteure fait des parallèles avec notre actualité. Passé et présent se confondent.
Ce livre est touchant.
Le récit s’entremêle d’archives, de souvenirs personnels, de réflexions et des livres de Pérec.
C’est un mélange d’intime et de récit.
Il y a beaucoup d’émotions.
Les passages du livre qui m’ont touché :
« Il pose une main amie sur la mienne et soudain le silence s’installe, une douceur. »
« « Evidemment » pour admirer les feuilles qui se déploient et les branches qui poussent et s’ornent de bourgeons et de fleurs roses au début du printemps suivant. Et le printemps d’après et celui d’après encore. »
« En réalité, j’avance dans le noir, sans comprendre que je suis constituée de toutes les strates du temps, et de mots, ceux que mes aïeux ont prononcé et, surtout, ceux qu’ils ont tus. »
Et vous, quel passage vous a parlé ?



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