« Le concours de pêche » de Loris Chavanette, Allary Editions
- quandleslivresnousparlent
- 22 sept.
- 2 min de lecture

Il y a cette tour, avec une vue sur les lumières des autres immeubles du centre d’affaires.
Il y a ces maquettes de bâtiments qu’il voudrait rendre plus lumineux, respirables, agréables à vivre.
Il y a ces retours tardifs, au petit matin dans le métro parisien pour retrouver des draps froids, la jeune femme fatiguée de l’attendre l’ayant quitté.
Et il suffit d’un regard dans le miroir de la salle de bain. Un regard qui montre la fatigue, le mal-être. Un regard qui montre un inconnu.
Alors Alexandre prend son sac et fuit la capitale pour Sète, la ville de son enfance, la ville des jours heureux avec son père.
Il commence par errer dans les ruelles, à s’asseoir dans les bars, à s’enivrer avec d’autres inconnus, à attendre que le temps passe. Et puis, il suffit d’une légende racontée, d’une rencontre incroyable avec un certain Jonas et d’un concours de pêche dans le canal pour que sa vie prenne un nouveau tournant.
L’objectif du concours : pêcher la plus grosse dorade du canal.
Ils sont des habitués et des novices, ils sont équipés des plus belles cannes ou de celles de leurs aïeuls. Ils ont tous mis en jeu un objet qui leur est cher. Ils veulent tous gagner.
Mais il faudra faire preuve de patience, de persévérance et surtout d’entraide.
Un roman plein de douceur et de poésie.
Il y a de l’amour, de la résilience et de l’humour dans ces pages.
Une histoire qui met en avant les rencontres amicales, celles qui changent une vie. Un livre qui ouvre un nouveau regard sur les personnes qui ont construit leur abri de fortune au milieu de la vie. Des pages qui donnent de l’espoir quand on pense avoir tout perdu.
Ce livre est aussi des mots d’amour d’un père à son fils et d’un fils à son père.
Magnifique!
Les passages du livre qui m’ont touché :
« Il était heureux, ne craignant ni le passé ni l’avenir, insouciant comme on l’est à l’âge de l’innocence, encore assez vert pour s’imaginer des choses insensées. On s’émerveille d’un rien quand on est haut comme trois pommes. »
« En scrutant ses mains qui se crispaient nerveusement et se détendaient, j’ai songé que seul un chagrin d’amour pouvait embarquer un être dans une telle déraison, aux confins de l’absurde et du sublime. »
« Tout a une fin, ai-je pensé en jetant un regard mélancolique autour de moi. La foule, les yeux des enfants, les lumières des cafés, l’eau qui ondoie sereine, passant de l’étang à la mer puis de la mer à l’étang depuis toujours et pour l’éternité, tout cela avait un réel écho en moi. »
« J’en ai profité pour lever les yeux au ciel et regarder un bouquet d’étoiles qui brillaient au-dessus du scintillement de l’eau du canal. Je me souviens m’être aperçu qu’elles avaient un éclat particulier, comme si elles voulaient me parler au firmament, là où la nuit caresse le ciel par petites touches de lumière, comme si le pinceau du peintre n’avait pas osé interrompre le sommeil de la lune endormie à côté. »
Et vous, quel passage vous a parlé ?



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