« Le Grand Horizon » de Lola Nicolle aux éditions Phébus
- quandleslivresnousparlent
- 5 sept.
- 2 min de lecture

Depuis son plus jeune âge, Vincent aime pédaler. Son vélo lui apporte indépendance et liberté. Avec lui, il peut, enfant, partir vivre des aventures dans la campagne. Il est le compagnon de sa première fuite adolescente. Il reste l’ami des virés entre amis le weekend ou le moyen de transport pour réaliser les 45 kilomètres qui le séparent de son travail.
Alors la Transcontinental Race est un rêve.
Dans cette course d’ultracyclisme, il est choisi, lui l’amateur pour y participer entre des professionnels et autres amateurs de plusieurs pays.
Le voilà parti, un matin de juillet avec son « Genesis Equilibrum » pour traverser une partie de l’Europe en quinze jours. 4000 kilomètres de paysages variés et de dénivelés plus ou moins positifs.
Départ en Bulgarie. Arrivée prévue à Brest. Quinze jours d’une course solitaire. Seulement Vincent et son vélo.
Chacun son tracé, chacun ses galères.
Des journées chaudes aux nuits étoilées. Des après-midis harassants aux quelques heures de sommeil volées. Des rencontres improbables et des amitiés. Car malgré la solitude, des amitiés vont se créer sur les chemins traversants de la Bulgarie, la Serbie et l’Italie. Les souvenirs vont ressurgir pendant ces longues heures à pédaler. Des souvenirs d’amitié, des moments familiaux et d’amour du vélo. Le corps affronte l’effort et supporte la douleur. L’esprit s’échappe dans les songes.
Un road-trip entraînant. L’effort se ressent à la lecture. Le voyage est prenant. Les mots forts.
Un voyage éblouissant et touchant.
Les passages du livre qui m’ont touché :
« Mais c’est juste le mois d’août et les quartiers résidentiels du nord de Paris sont en stand-by. Ils tentent de reprendre pied après l’année passée. D’envisager l’avenir et cette nouvelle rentrée. Septembre et les métros qui accueillent dans leur ventre des Parisiens toujours plus fatigués. »
« La vie urbaine requiert de l’imagination – tisser des récits pour contrer l’artificialisation ; y survivre. »
« Les messages qui s’accumulent et auxquels elle répond de plus en plus rarement. La vie nouvelle qui recouvre la vie d’avant, trop douloureuse. L’enfance froissée en boule au fond d’un placard, et qu’on prend soin d’oublier. »
« La décision qui vient troubler l’habitude : une machine tellement bien ajustée qu’elle est notre repos. Il est bon de se réveiller, de prendre une autre direction. »
« Depuis que le tertiaire est le plus grand secteur économique du monde occidental, on oublie ce que cela fait ; des journées entières à l’extérieur, le corps livré au paysage, au climat. »
« Certains mots, agents du quotidien, s’écrivent malgré nous, se lisent sans même que l’on y pense. D’autres naissent comme des étoiles. »
Et vous, quel passage vous a parlé ?



Commentaires