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"Maintenant, comme avant" de Juliette Arnaud

Dernière mise à jour : 8 févr. 2021



Vous feriez quoi si la femme qui vous tient de mère et qui s’est volatilisée alors que vous aviez quelques mois, revenez l’été de vos 18 ans ?


Rose, elle, avait programmé l’été de ses 18 ans, mais le retour de sa mère, non. Alors, Rose accueille sa mère, Manette par un coup d’épaule et fuit se réfugier chez son meilleur ami, Moïse. De l’autre côté de la haie, elle observe celle qu’elle nomme sa « pas-mère », s’installer dans la maison qu’elle partage avec son père, Emiliano et sa grand-mère. Tandis que Rose est furieuse de cette arrivée inopportune, Emiliano accueille Manette les bras ouverts et fait comme si elle n’était jamais partie.


A travers le style percutant de l’auteure qui allie humour, tendresse et coup de gueule, on devient le/la confident(e) de Rose. Cette jeune femme attachante, drôle et au caractère bien trempé, nous raconte son histoire : la rencontre de ses parents, sa naissance, la disparition de Manette au concert de son groupe de rock préféré, son enfance, ses projets et son crush pour le meilleur ami de son père avec qui elle espère bien perdre sa virginité cet été. Sous forme de roman initiatique, Rose va apprendre à laisser de côté ses griefs et à pardonner à sa mère.


Les chapitres s’alternent entre la narration de Rose et les « cuites anniversaires » d’Emiliano, qui une fois par an, le jour de l’anniversaire du départ de Manette, a l’accord de sa mère pour se mettre mal. En même temps, que les phrases se suivent, la vie de Rose, d’Emiliano et de Manette se dessine. On s’attache très vite à ces personnages.


Le roman se distingue par l’originalité de son écriture. Les phrases s’enchaînent. Pour ceux qui écoutent les chroniques de Juliette Arnaud sur France Inter, on ressent dans Maintenant, comme avant, son verbe et sa diction rapide. On a même parfois l’impression d’entendre sa voix à travers le personnage de Rose.


Les phrases se suivent, les sentiments se succèdent car oui, ce livre est une compilation de tendresse, d’humour, de douceur et d’amour. A lire, très vite.


Les passages du livre qui m’ont touché :


« Genre, mettons que je me plante, mettons que dieu existe. Il va sortir sa vieille tête des nuages et me dire : « Oui, oui, j’entends bien, mais vu que j’ai un peu le cul dans les ronces pour ce qui concerne le reste du monde, les guerres, les cinglés, la misère, la Terre qui crève plus vite que prévu, les salauds dont le règne est sans fin, tu vas être mignonne, tu vas me laisser deux minutes et je m’occupe du départ de Manette, merci, bisous, merci. » »


« Honnêtement, aucune inspiration ne m’avait illuminée pendant mon année de terminale. Tout me faisait suer à l’avance : je me trouvais trop jeune pour m’engager, ainsi que je l’avais confié à la conseillère pédagogique du bahut.

Avec un sourire las, elle m’avait enjoint de m’inscrire tout de même quelque part, quitte à laisser passer une année, le temps d’être moins jeune par exemple.

C’est décidément le dress code du moment : laisser le temps filer. Amen. »


« Ah oui, Emiliano parfois danse. Il danse, dans son bar, sur la musique qu’il a choisie, seul. Sans personne dans ses bras, et en général sans personne pour témoigner. Je sais bien qu’il est beau à voir alors, et pas manche. »


« Si on était dans un film américain, quelqu’un se mettrait à applaudir, rejoint par un autre, et puis la foule des badauds tout entière, les yeux en ruisseau de printemps ; un fœtus donnerait son premier coup de pied dans le ventre de sa mère ; et le DJ en état de grâce déglinguerait son cent-vingt battements par minute pour balancer abruptement « When a Man Loves a Woman » de Percy Sledge».


Et vous, quel passage vous a parlé ?


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