« Nourrices » de Séverine Cressan aux éditions Dalva
- quandleslivresnousparlent
- 29 août
- 2 min de lecture

Ils sont les enfants de la terre, de la lune et du vent.
Ils sont frères et sœurs de sang, de lait et de cœur.
Sylvaine vient d’avoir un petit garçon, Jehan. Pour subvenir aux besoins de sa famille, elle accepte de devenir nourrice. Une petite fille de la ville vient rejoindre son foyer.
Une nuit de pleine lune, la forêt l’appelle et la conduit auprès d’une petite fille qui porte en elle, un carnet. La vérité sur sa naissance. Sylvaine se prend d’affection pour cet enfant et souhaite la garder près d’elle malgré la mise en garde de son mari.
Cette enfant comme ses deux fils, ont une place importante dans son cœur de mère. Mais il faut survivre. Et les hommes ont le dessus sur le lait maternel.
A travers des pages puissantes et bouleversantes, ce roman parle de l’amour maternel, du lien fusionnel qui se crée que ce soit par des liens du sang ou des liens d’amour. Il raconte aussi les rouages d’une industrie qui a existé et qui utilisait le corps des femmes pour faire commerce. Il montre la pression sur le corps des femmes, la servitude à travers le trafic de lait maternel. Comment le lait qui sert à nourrir un enfant devient un objet de commerce et d’argent ? Comment des hommes se sont faits de l’argent avec le corps des femmes ?
Ensemble, les femmes affrontent ce système. Elles s’entraident dans la souffrance et l’aliénation de leur corps. Elles luttent. Elles combattent aider par la nature ou une autre force …
La nature a une place importante dans ce livre. Les mots sont empreints d’une force comme celle de la nature et en même temps, ont beaucoup de poésie.
Les pages de cette histoire, de cette lutte s’alternent avec la voix d’une autre femme. Une femme qui se confie à sa fille, qui raconte son histoire, qui la libère de la « pression/force/autorité/asservissement » d’un homme. Une femme qui offre à sa fille la liberté.
De la sororité, de la poésie et la puissance de la nature qui nous entoure.
Un très beau premier roman.
Les passages du livre qui m’ont touché :
« C’est le plus beau cadeau que tu puisses lui faire, le meilleur héritage que tu puisses lui laisser. Rares sont les humains qui osent se regarder tels qu’ils sont. Encore plus rares sont ceux qui osent se montrer aux autres dans leur vérité nue. J’ai pensé qu’elle avait raison. Que si on avait le courage de regarder les choses en face, les filles seraient pas obligées de faire des choses pareilles. »
« De même que tu pouvais voir sans lumière, j’ai pu te parler sans mots. »
« Car je sais que si elle lira un jour les mots du cahier, vierges, inviolés, qui lui sont exclusivement destinés, elle lira aussi ceux que je t’adresse. Leurs fils s’entrechevêtront et le motif ainsi tissé, dentelle à deux mains, lui racontera son histoire, qui fut mienne, qui fut tienne. »
Et vous, quel passage vous a parlé ?



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