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« Querelle à la française » de Bertrand Guillot aux éditions Les Avrils

  • quandleslivresnousparlent
  • 21 janv.
  • 2 min de lecture


Sa statue a jailli des eaux pendant la cérémonie des JO. Une femme poétesse du XVème siècle et surtout la première femme à vivre de sa plume, un modèle pour des générations futures.


Christine de Pizan est la fille d’un médecin. Née en Italie, elle arrive à la cour du roi Charles V, grandit près du château du Louvre, a accès à une éducation et surtout aux livres. Mariée à 15 ans et se retrouvant veuve une dizaine d’années plus tard, il lui faut faire vivre sa famille. Il n’est pas question pour elle de se remarier, ni de partir au couvent. C’est l’écriture qui l’anime, c’est par l’écriture qu’elle se nourrira.


Elle se plonge dans les ouvrages de la bibliothèque familiale. Elle compose des petits poèmes qui sont lus à la cour. Son talent se fait remarquer et les copies se multiplient. Et oui, au Moyen-Age, on copiait soit même ses textes, c’était l’édition avant-gardiste. Elle devient une femme connue, lue et appréciée parmi la noblesse. Ses dettes disparaissent, sa famille est mise à l’abri.


Elle écrira des poèmes, des romans, des essais.


Un autre contemporain, de dix ans son aîné, est Jean de Montreuil. Fondateur du mouvement des humanistes, prévôt, enseignant et écrivain également. Il vit de ses différentes charges et de sa plume.


Un livre va opposer Jean de Montreuil et Christine de Pizan : « Le Roman de la Rose ». Et sans les réseaux sociaux, ce sont par missives interposées, qu’ils vont s’affronter. Quand Christine de Pizan y lit un roman misogyne, détestable sur sa vision des femmes ; Jean de Montreuil y voit le génie de l’auteur, un hommage du passé et de ses grands hommes de lettres.


Les deux auteurs s’opposent. Et pendant que leur querelle littéraire s’échange par lettres, les princes du royaume s’affrontent aussi entraînant le pays dans une incertitude et attisant le conflit avec l’Angleterre.


Ce livre est foisonnant et original !


A travers des archives, des rencontres avec des chercheurs et d’autres auteurs, ce roman nous présente une version moderne du Moyen-Age, loin des livres poussiéreux d’histoire.


Il est riche d’anecdotes et de moments historiques. Il est surtout très drôle.


Tout en apprenant davantage sur cette période historique, on réfléchit à notre époque. Des parallèles se font, malgré les sept siècles qui les séparent. Des sujets restent similaires, des réflexions aussi car oui, il interroge sur « le c’était mieux avant », la misogynie, les conflits, le regard pessimiste ou optimiste que l’on choisit de poser sur ce qui nous entoure.


C’est drôle, intelligent, passionnant. Enfin, foncez !


Les passages du livre qui m’ont touché :


« Comme nous, ils pensent vivre à la pointe du progrès et de la civilisation. Comme nous, ils pensent que c’était mieux avant et rêvent d’avenirs meilleurs. Comme nous, ils se drapent dans de grands principes et s’en arrangent par derrière. Comme nous, ils peuvent débattre avec passion sur cet art d’aimer à la française sans jamais vraiment la saisir. »


« Alors elle pose son cœur sur la table, près de son encrier, elle aiguise sa plume, et se met à écrire. »


« Pas le rire amer du désespoir ni le rire sardonique de la victoire, non. Un rire franc et lumineux, dans un monde où les rosiers continueront de fleurir en paix. »


Et vous, quel passage vous a parlé ?

 
 
 

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