« Rien de plus illusoire » de Marta Pérez-Carbonell aux éditions Les Escales
- quandleslivresnousparlent
- 26 août
- 2 min de lecture

Un trajet en train.
Il y a ceux qui s’endorment aux premières ondulations, ceux qui regardent des films pendant tout le trajet, ceux qui profitent pour avancer dans leur travail, et ceux qui lisent.
Un trajet en train pour croiser des personnes qui auront un impact dans nos vies.
C’est ce qui arrive à Alicia.
Chaque semaine, elle quitte Londres pour Édimbourg. Chaque semaine, elle passe une nuit dans le train qui relie ces deux villes. En général, elle feuillette, lit quelques pages, s’endort par à coup.
Ce trajet-là va changer sa vie. Dans son wagon, elle va rencontrer Terence X, écrivain américain et Bou, son étudiant et assistant. Les deux hommes se rendent à Édimbourg pour une conférence.
Pendant une nuit, Terence va raconter son dernier roman et l’impact sur sa vie à travers son ami Hans qui a disparu à sa sortie et les critiques de la presse.
Pendant que Terence se confie, Alicia ose se raconter à ses deux hommes qu’elle ne connaît pas et pense ne jamais revoir. Elle parle de son départ pour Londres, elle qui a grandi à Madrid, de son ancien amant et de sa séparation brutale juste avant le confinement.
Pendant une nuit, les mots vont se dévoiler, confidences, pensées, souvenirs. Tout se mélange. Tout se dit sans honte, ni peur.
Une amitié grâce à des mots.
Le réel se mélange à la fiction. Des pages du livre se mélangent aux confidences partagées et racontées à nous, lecteurs.
C’est tendre, beau, puissant.
C’est une histoire de littérature.
C’est une histoire de rencontres.
Des rencontres qu’on croyait éphémère et qui changent une vie à jamais.
Un très beau premier roman.
Les passages du livre qui m’ont touché :
« Bien que toutes les histoires aient un dénouement, aucune ne se termine vraiment, elles s’entrelacent comme celles qui vont suivre en espérant former ensemble une seule et même trame. »
« J’ai toujours été intrigué par le fait que lorsqu’on se replie sur soi, on se réfugie dans les recoins les plus secrets de son être. »
« Nous étions des histoires, des parts de vie qui s’étaient croisées ponctuellement comme nous nous croisons tous un jour lors d’un trajet dont on ignore s’il sera long. »
« Nous luttions en trébuchant encore et encore, mais toujours en quête d’une première personne du pluriel sous la forme d’autres poissons, désireux de partager avec eux l’obscurité dans laquelle nous évoluions. »
« Comme le savent les flâneuses, les pas qu’on fait dans une ville pour avancer nous projettent en arrière et nos souvenirs remontent. »
« Piglia…Javier Marias, Milan Kundera, Joan Didio… c’est triste et bizarre de penser à eux, tous ces auteurs avec lesquels j’ai grandi et qui sont morts maintenant, alors que je suis bien vivante et que je parcours encore leurs livres en appréciant leur esprit. »
« Mais cette fin n’est qu’un dénouement parmi d’autres, car tant que le papillon bat des ailes, les mots d’autrui, pareil à des écheveaux de fils de soie qui s’entremêlent sans cesse, peuvent encore changer le déroulement de l’histoire. »
Et vous, quel passage vous a parlé ?



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