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« Une reine sans royaume » d’Hella Feki aux éditions JC Lattès / La Grenade

  • quandleslivresnousparlent
  • 1 oct.
  • 3 min de lecture

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Elle aurait dû régner sur son île. Les guerres et le pouvoir en ont décidé autrement. Ranavalona III sera la dernière reine de Madagascar.


Lors d’un voyage à Tunis en 1907, ses souvenirs remontent. Alors à travers les pages, elle se confie et nous conte son enfance sur l’île, son mariage avec un homme plus âgé qu’elle et inconnu, son couronnement et surtout son peuple pour lequel elle a beaucoup d’admiration et dont elle espère avoir été à la hauteur.


Exilée à Alger depuis sa chute, Ranavalona aime voyager au gré des événements ou de ses soucis de santé. Ses valises posées à Tunis, elle découvre un lieu de culture et d’échanges intellectuels. Grâce à d’autres femmes souveraines, artistes, écrivaines et journalistes, des salons se tiennent régulièrement. On y échange sur l’art, la politique, la place des femmes dans la société et surtout de la littérature.


Ses femmes apportent un nouveau souffle à Ranavalona. Ses femmes lui offrent leur amitié. A leur côté, elle découvre de nouveaux textes, de nouveaux auteurs. Elle se plonge dans les mots d’autres pour confier les siens. Elle pose des mots sur son amour passionné et clandestin pour un magicien français. Elle pose des mots sur son exil forcé et la tristesse qui en découle.


Il y a de la musicalité et de la poésie dans ces très belles pages. Par un souffle lumineux et poétique, l’auteure nous conte la vie de cette souveraine réelle.


Elles ont en commune la ville de Tunis. Ce livre est leur rencontre.


Un livre qui mêle la littérature et les voyages.


Les passages du livre qui m’ont touché :


« Une ville que nous ne connaissons pas encore a des secrets que nous désirons déchiffrer avec impatience. Les rues que nous parcourons semblent nous offrir à la fois la générosité des paysages de l’insolite et la retenue des mystères de l’inconnu. »


« L’évolution de mon exil et de mes voyages m’aura permis les plus belles aventures littéraires et intellectuelles. J’ai ainsi constitué ma bibliothèque, les livres représentant l’un des modes de connaissance du monde le plus sûr, auquel il faut nécessairement adjoindre l’observation de soi et des hommes. C’est sans doute dans la citadelle des pensées, dans cet interstice entre le monde déployé par le paysage et soi-même, que peut prendre forme l’écriture la plus sincère, et, peut-être, par ce chemin, la littérature. »


« Ces livres, associés chacun à une terre, entraient en lien les uns avec les autres. Les lignes et les lettres étaient à l’image des entrelacements de feuilles, de lianes et de racines de baobab ou de ficus géant, l’exploration d’un univers immense où l’on pouvait vivre tant de destinées, et, en ce sens, goûter au plaisir de réinventer la sienne. »


« L’exercice de la pensée, les contemplations, la recherche intérieure font partie du plaisir ineffable du texte que je compose aujourd’hui, dans cette course avec le soleil. L’écriture de ces derniers mots pourrait apparaître comme un accident de la vie solitaire, qui échappe aux préoccupations du monde. Elle est en réalité l’ultime chance de mettre en perspective ce journal, travail de vers à soie, où se déploie le champ des abstractions humaines, les images surgies au gré du récit, les voies terribles et confuses de l’inspiration, la clairvoyance mystérieuse du secret de l’épaisseur d’une vie. »


« Les voyages apportent de la profondeur à notre existence, des bruits de voix, des frémissements à l’approche des paysages, des images voilées, une spécialité imprévue, une intériorité insoupçonnée. »


Et vous, quel passage vous a parlé ?

 
 
 

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